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01/04/2008

L' éducation coranique.

Au sens étymologique du mot, le talibé est le disciple d’un marabout qui lui enseigne le Coran. Il n’est pas rare de rencontrer au Sénégal des adultes talibés qui, moyennant sa protection et son assistance, se mettent entièrement au service d’un marabout pour le compte duquel ils travaillent (travaux domestiques et agricoles notamment).

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Dans la brousse, les familles musulmanes ‘envoient’ pour la journée, en échange d’apports en nature, leurs enfants dès l’âge de trois ans chez un marabout qui doit leur donner une éducation coranique dans un daara (enseignement du Coran, initiation à la vie communautaire et ascétique, acquisition du sens de l’humilité, de la discipline et d’une capacité à l’endurance face à l’épreuve). Il est dans les coutumes que le jeune élève de l’école coranique apporte une aide à leur maître (sérigné) dans les tâches domestiques et sollicite l’aumône.

Dans la cité, des daaras qui dispensent une éducation religieuse, pourquoi pas, dans la mesure où elles laissent la place à une scolarisation normale pour l’enfant, dont le devenir doit être pris en compte, et dans la mesure où ce dernier n’est ni maltraité ni exploité ? Une demande de participation des familles ou de la population aux frais du marabout est alors acceptable puisque ni l’Etat ni les pouvoirs publics sénégalais, qui ont déjà bien du mal à organiser l’éducation nationale, ne subventionnent les écoles privées.

Les différentes migrations et l’ampleur de la pauvreté ont engendré une prolifération incontrôlée d’écoles coraniques dans les villes et la région du Cap Vert (Dakar) ainsi que la génération spontanée de petits marabouts auto-proclamés peu scrupuleux. Et c’est là que commence le scandale lorsque la recherche du profit pour le chef religieux supplante l’apprentissage du Coran et l’éducation pour les enfants. Ce serait même juteux pour certains marabouts véreux qui n’hésitent pas à recruter dans la brousse ou à l’étranger plusieurs dizaines de talibés qu’ils accueillent à temps complet dans des conditions indignes avec le seul but de récolter encore un peu plus d’argent dans les rues.

Des garçons de 6 à 15 ans, issus de familles la plupart du temps miséreuses et confiés à un marabout pour réduire le nombre des bouches à nourrir, sont alors contraints à mendier dix heures par jour au profit de leur maître.

Malheureusement nombre de parents oublient leur enfant plus ou moins volontairement dès qu’il a quitté le village ou la famille et nombre de marabouts, craignant d’avoir des comptes à rendre, ne tiennent pas tellement à ce que leurs ‘protégés’ revoient leurs géniteurs. A suivre.

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