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31/03/2008

La journée d'un Talibé.

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Des organisations non gouvernementales (ONG), notamment l’UNICEF, estiment qu’il y aurait plus de 170 000 enfants talibés mendiants au Sénégal (la Casamance est moins touchée par ce fléau). La communauté internationale dit s’émouvoir du problème…. Toujours est-il que depuis mon premier voyage dans la région de Dakar en 1985, leur nombre a considérablement progressé et que leur situation est toujours aussi dramatique tant pour le présent que pour l’avenir. On peut simplement observer que, grâce à l’action d'associations ou de parrainage, ils sont moins mal vêtus, qu’ils ont plus souvent des sandales aux pieds ou que leur ex-boite de conserve rouillée est remplacée par un pot en plastic. Certes les actions se multiplient sur le terrain mais l'ampleur du problème est telle et les enfants des rues si nombreux, surtout à Dakar et dans sa banlieue......

La journée d’un talibé:
- 05 h 00 Lever.
- 07 h 00 Mendicité pour le petit déjeuner.
- 10 h 30 Retour à l' Ecole coranique.
- 13 h 00 Mendicité pour le déjeuner.
- 15 h 30 Retour à l' Ecole coranique.
- 18 h 30 Mendicité pour le dîner et quête.
- 21 h 00 Retour à l' Ecole coranique.
- 23 h 00 Coucher.

Vers 16 h 00, à tour de rôle des groupes d’enfants sont envoyés chercher du bois de chauffage pour les cours du soir qui se déroulent autour d’un feu. Il n’y a généralement pas d’activité à l’école coranique le jeudi après-midi et le vendredi jusqu’à 16 h 30.
En réalité, ce n’est qu’un emploi du temps théorique et les talibés consacrent à peine 30 % de leur temps à l’apprentissage du Coran. Ils sont plus souvent dans la rue qu’à l’école. Certains même y sont constamment, leur maître ne s'intéressant à eux que pour leur prendre l'argent qu'ils ont récolté.

C’est ainsi que lorsqu’ils atteignent l’âge de 16 ans ces enfants ne savent ni lire ni écrire, ils n’ont appris aucun métier, leur santé est précaire du fait des privations et de la malnutrition qu’ils ont connues pendant de nombreuses années, les liens avec leur famille sont rompus. Il ne leur reste que la rue à nouveau et sur leur corps les cicatrices dues aux châtiments reçus; il ne faut pas alors s’étonner s’ils risquent de constituer par la suite l’essentiel de la criminalité du pays.

A suivre

Commentaires

salut à toi l'ami

Écrit par : pierrot le zygo | 18/06/2006

j'aime beaucoup cette photo, l'expression des visages de ces enfants

Écrit par : Stéphanie | 18/06/2006

C'est vraiment bien de parler de ça.

Écrit par : Marie | 18/06/2006

bravo pour votre blog, et votre manière franche d'aborder les réalités.

c'est dur d'accepter d'une société qu'elle fasse de ses enfants des "perroquets-mendiants"

les dérives de l'islam n'ont pas de fond dans l'horrible.

Je suis triste.....

Écrit par : distelle | 12/09/2006

Les commentaires sont fermés.