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27/12/2006

Saint Louis du Sénégal

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SAINT LOUIS se trouve au nord du Sénégal, à l’embouchure du fleuve du même nom. Elle fait partie de la zone sahélienne, frange désertique qui sépare les dunes du Sahara de la savane.
Ce fut le premier comptoir permanent français au Sénégal. fondé en 1638 par le normand François Lambert, colon français qui construit une résidence dans l’île de Bocos à proximité de l’embouchure du fleuve. En 1659, ‘l’habitation’ de Bocos est transférée dans l’île de N’DAR et baptisée Saint Louis en hommage au roi de France Louis XIII. Un fort est construit pour protéger l’entrepôt. Rapidement, la cité devient la place forte européenne en Afrique, une base de départ pour les expéditions vers la Soudan et un important comptoir commercial (gomme, ivoire, or et traite négrière).
Restituée en 1817 à la France par les Anglais qui s’en étaient emparés pour la 3° fois le 13 juillet 1809, elle fut alors gouvernée par le Colonel Schmalz, un des rescapés du naufrage de la Méduse (cf le radeau de la Méduse).

SAINT LOUIS est aujourd’hui une ville de 200 000 habitants, à 272 km au nord de DAKAR, qui se compose de trois parties:
- La Langue de Barbarie, étroit cordon littoral à l’ouest qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan Atlantique; c’est la partie la plus peuplée de la cité qui abrite surtout des pêcheurs. (1).
- L’île de Saint Louis (N’dar) qui en est la partie historique et mesure près de 2,5 km de long sur 300 à 400 m de large; elle est reliée au continent par le pont Faidherbe. (2).
- Le nouveau quartier continental de Sor, construit dans une cuvette, qui connaît des inondations pendant la saison des pluies. (3). C’est par là que l’agglomération s’étend. S’y trouvent les gares routières et ferrovières.

SAINT LOUIS fut le siège du gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française jusqu’en 1902, date à laquelle ce dernier fut transféré à DAKAR.
La ville est inscrite depuis l’an 2 000 sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

17:50 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (1)

07/12/2006

7 décembre 1936: mort de Jean Mermoz

medium_Mermoz_20portrait.jpgLe 7 décembre 1936 au petit matin, Jean MERMOZ aux commandes du Latécoère 300 ‘Croix du Sud’ décolle de DAKAR avec 3 hommes d’équipage à bord à destination de NATAL au Brésil… Quelques heures plus tard, à 10 h 47 exactement, la radio capte un message interrompu:« coupons moteur arrière droit… »… Ce sera le dernier et medium_Jean_Mermoz.2.jpgrien ne sera retrouvé dans l’océan.
Ainsi disparaissait dans l’Atlantique Sud, à deux jours de fêter ses 35 ans, un héros de l’aviation civile et de l’Aéropostale qui comptabilisait 8 200 heures de vol à son actif sur des engins qui n’avaient rien à voir avec les avions d’aujourd’hui.
Sorte d’idole de son époque, MERMOZ, meneur d’hommes au caractère bien trempé, était reconnu pour son courage, sa droiture et son intégrité.

Quelques dates de son activité de pilote:

- 1920 MERMOZ s’engage, à 18 ans, pour 4 années dans l’Armée de l’Air.

- 1921 Breveté pilote, il est affecté en Syrie où il connaît ses premiers contacts avec le désert (atterrissage forcé et 4 jours de marche).

- 1924 Démobilisé avec 600 heures de vol à son actif, il entre au service de la Société
Latécoère. Il est affecté à la ligne aérienne postale Toulouse-Barcelone-Alicante. A cette époque le franchissement des Pyrénées par tous les temps n’était pas une sinécure.

- 1926 Il est affecté au tronçon postal Casablanca-Dakar (ligne ouverte en 1923) avec survol du Sahara, lieu de tous les dangers.

- 1927 Il inaugure le 10 mai la ligne directe sans escale Toulouse- Saint Louis du Sénégal pour l’Aéropostale qui prend la succession des lignes Latécoère.

- 1928 Préparation des vols de nuit entre Rio de Janeiro (Brésil) et Buenos Aires (Argentine). 16 avril, premier vol de nuit.

- 1929 Etablissement d’une ligne par dessus la Cordillère des Andes. Au mois de mars accident dans les Andes. 14 juillet ouverture officielle de la ligne.

- 1930 Le 12 mai, réalise pour la 1° fois en 21 heures la liaison Saint-Louis -Natal (3200 km avec 130 kg de courrier (avec un avion: monomoteur,‘Laté 28’). Il ouvre ainsi une liaison aérienne postale France-Amérique du Sud via la côte africaine. Toulouse et Santiago du Chili (13 400 km) sont ainsi reliés en 108 h et 40 mn dont 20 h d’escales.

- 1933 Liaison Paris-Buenos Aires à bord d’un trimoteur, ‘L’Arc en Ciel’. Il réalise le trajet Saint-Louis du Sénégal-Natal à la vitesse moyenne de 227 km/ h.Mise en service de la liaison régulière France-Amérique du Sud.

- 1936 7 décembre, pour sa 25° traversée en deux ans avec cet hydravion quadri-moteur, il s’envole aux commandes du ‘Croix du Sud’ vers sa destinée..

Les débuts de la Poste Aérienne n’étaient pas qu’une aventure extraordinaire. Ce fut aussi le tombeau de nombreux hommes, pilotes et navigants. Ne l’oublions pas.

JCG

19:30 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (3)

27/11/2006

Saint-Louis du Sénégal

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Autant DAKAR se fait remarquer par son activité débordante et ses exigences harassantes, autant SAINT LOUIS, l’ancienne capitale du Sénégal et de l’A.O.F., fascine par son calme et sa convivialité. On y circule tranquillement sans être constamment importuné par des petits vendeurs ambulants. On ne peut toutefois ne pas remarquer là aussi les enfants des rues (les talibés) qui accourent dès que vous manifestez le désir de leur donner quelque chose (nourriture ou pièce de monnaie).
Première ville française d’Afrique, SAINT LOUIS connut son apogée au 19° siècle grâce à une intense activité commerciale. Les négociants et les entrepreneurs y avaient acquis une telle puissance économique et politique qu’ils étaient capables d’influencer les décisions de Paris.
En 1848, les Saint-Louisiens avaient acquis, comme les seuls habitants de Dakar, Gorée et Rufisque sur tout le pays, la citoyenneté française. Ils avaient obtenu ainsi le droit de voter et d’être éligibles à l’Assemblée Nationale, le moyen d’échapper aux obligations qui pesaient sur la population dans l’ensemble de la colonie. Les mariages mixtes entre les marchands européens et les femmes métisses, les signares, symboles d’élégance et de raffinement, étaient alors fréquents.

Le coeur historique de la cité au passé colonial se trouve dans l’île intégralement bâtie placée sur l’estuaire du Sénégal à 25 km environ de l’embouchure du fleuve. Rue de France, avenue Jean Mermoz, place Faidherbe, rue du Général De Gaulle, rues Neuville, Blaise Dumont, Pierre Loti… on ne se sent pas à l’étranger ici…. où plus des trois quarts des rues portent des noms de Français qui ont marqué leur époque.
De chaque coté de la Place Faidherbe, où a été érigée une statue du célèbre gouverneur, on trouve des maisons datant du début du 19° siècle avec balcons en fer forgé, colonnades et vérandas.
Pour simplifier, disons que le nord de l’île abritait, avec le centre, le poumon économique et administratif de la ville, tandis que le sud était plus nrésidentiel
En entrant dans l’île venant de Dakar, à droite à la sortie du pont Faidherbe, en face de la poste le mythique Hôtel de la Poste où Jean Mermoz avait sa chambre, la 219.

16:20 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0)

11/11/2006

La patrie reconnaissante

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Des stèles semblables se trouvent dans de nombreux lieux en France.
Celle-ci est à l’entrée du cimetière militaire musulman de Saint Louis du Sénégal. Là bas reposent en paix dans le sable face à la mer plusieurs centaines de Tirailleurs Sénégalais qui ont perdu la vie en défendant notre sol et nos valeurs.

medium_Sans_titre2_copie.jpgIl est bon de rappeler ici que les troupes coloniales (tirailleurs, tabors, goumiers, spahis) ont perdu 30 000 hommes sur les champs de bataille du Nord et de l’Est de la France durant la première guerre mondiale et 45 000 au cours de la seconde guerre mondiale, notamment pour la libération de notre pays.

Le cimetière militaire de Saint Louis du Sénégal a été récemment rénové grâce à l’action du SOUVENIR FRANÇAIS, Association fondée en 1887, reconnue d’utilité publique en 1906, qui a pour mission de conserver la mémoire des morts pour la France et de veiller à l’entretien des sépultures et des monuments qu’il a érigés à leur gloire en France et à l’étranger.

12:30 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (1)

03/11/2006

La religion au sénégal

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Le Sénégal est à 90 % de religion musulmane. C’est au XI° siècle que l’Islam est apparu au Nord du pays (région du fleuve) apporté par des guerriers berbères venus du Sahara. L’animisme est un sérieux obstacle à son expansion et, mis à part les Peulhs du nord, les peuplades ne deviendront pas à cette époque des adeptes de Mahomet
Son développement prend un essor considérable et rapide dans la seconde moitié du XIX° siècle comme force d’opposition à la colonisation française et à ses dérives, les populations se tournant vers les marabouts pour avoir leur protection face aux actions des nouveaux venus.
L’Islam sénégalais est caractérisé par sa tolérance et sa pratique est plus ou moins éloignée du dogme prêché par Mahomet. Les Confréries, organisations maraboutiques qui adaptent l’Islam aux modes de vie et lui assimilent certaines valeurs traditionnelles des populations, en sont une particularité. Créées par des religieux cultivés et pragmatiques qui font l’objet d’une grande vénération, elles sont dirigées par des cheiks ou des medium_images.jpggrands marabouts autour desquels se regroupent les musulmans partageant une même façon de pratiquer l’Islam. Elles jouent un rôle important dans tous les domaines, notamment sur les plans économique et politique et servent d’intermédiaire incontournable entre le peuple et le pouvoir politique (aucun parti ne peut ignorer leur influence). On recense quatre grandes confréries: les Mourides et les Tidjanes (les deux plus importantes avec respectivement 30% et 50% des musulmans, auxquelles est notamment du le développement de la culture et du commerce de l’arachide), les Layennes en pays lébou, les Quadrias (10%).
Les membres des Confréries sont tenus à l’observation des cinq piliers de l’Islam (la profession de foi, les prières quotidiennes, la zakat ou l’aumône, le jeûne, le pélerinage) et de récitations identitaires spécifiques à chaque mouvement une ou plusieurs fois par jour. Chaque année, ils se rassemblent dans leur ville sainte (Touba pour les Mourides, Tivaouane pour les Tidjanes, Yoff pour les Layennes, Ndrassane pour les Quadrias ).
Le Catholicisme, introduit par les missionnaires portugais et français mais jamais imposé par le pouvoir colonial, compte comme adeptes environ 8 % de la population du pays (notamment des Sérères). A noter que Léopold Sedar Senghor était catholique de même que la femme de son successeur à la Présidence du Sénégal, Abdou Diouf.
L’animisme est une croyance qui imprègne encore quelques populations des terres reculées, notamment en Casamance.

18:05 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (2)

06/10/2006

LES TIRAILLEURS SENEGALAIS

medium_007.jpgCréés par Faidherbe en 1857 pour pallier l’insuffisance des effectifs envoyés de métropole, les Tirailleurs Sénégalais participèrent à coté de l’Armée Française à la conquête et la constitution de l’Empire colonial du Second Empire. Les besoins s’étant faits pressants à mesure de l’avancée dans le continent, les tirailleurs n’étaient pas tous originaires du Sénégal, beaucoup étant recrutés dans d’autres colonies françaises. Bras armé de la colonisation, ces hommes au pantalon gonflant à la turque et coiffés de la légendaire chéchia rouge ont constitué un incomparable instrument de la conquête et de la domination de l’Afrique et de Madagascar.
medium_005.jpgC’est à l’occasion de la 1° guerre mondiale qu’ils furent amenés à servir en métropole, en première ligne dans les tranchées de la Somme et sur le front de l’Est. L’histoire retient que 163 000 y furent engagés et que 30 000 y laissèrent la vie; des dizaines de milliers furent blessés.
Durant la seconde guerre mondiale, ces unités d’infanterie, qui portaient toujours le nom de Tirailleurs Sénégalais (jusqu’en 1945) furent le fer de lance de l’armée d’Afrique et ont participé au débarquement des alliés en Italie (novembre 1943), en Normandie ainsi qu’en Provence (15 août 1944), à la libération de Paris (25 août 1944), de l'Alsace et de Strasbourg (23 novembre 1944). Beaucoup ont sacrifié leur vie pour libérer la France, (près de 45 000 morts).
Ceux d’entre eux faits prisonniers ont subi dans les camps nazis les pires sévices. Hitler les accusait d’avoir souillé le sol rhénan, à l’occasion de l’occupation de la Rhénanie en 1918 par la France. Pour le fürher, les noirs étaient des ‘sous-hommes’, les colonies allemandes d’Afrique en savaient quelquechose.
Le 1° décembre 1945, alors qu’ils manifestaient durement pour pouvoir toucher les primes que leurs camarades français avaient déjà perçues, des tirailleurs sénégalais démobilisés rassemblés au retour de métropole au camp de Thiaroye, près de Dakar, sont bombardés et mitraillés par l’armée française. La France, coupable d’un massacre qui a fait plusieurs dizaines de morts, traite bizarrement des hommes qui se sont distingués par leur héroïsme et leurs souffrances sur ses champs de bataille.
Les Tirailleurs Sénégalais, incorporés dans les unités d’infanterie de marine, ont également payé un lourd tribut en Indochine puis en Algérie.
medium_006.jpgAutre manquement de notre généreuse France: les retraites et les pensions de ces anciens combattants ne sont depuis 1960 que le tiers de celles allouées à leurs frères d’armes français. Certains touchent 30 euros par.....an, quinze fois moins que leurs collègues de souche française. Le prix du sang serait-il différent selon qu’on est Français d'origine ou pas ?
Après le voyage de Jacques Chirac au Sénégal en février 2005, il devait être mis fin à cette discrimination créée par la loi dite de cristallisation votée à Paris le 26 novembre 1959 alors que les pays d’Afrique allaient accéder à l’indépendance, loi qui gelait ces pensions, les transformant en quelque sorte en indemnités viagères non indexées.
J’ai comme l’impression que l’on se souvient davantage en France de la publicité de Banania que des services rendus à notre pays par les troupes coloniales qui ont regroupé 500 000 africains (tirailleurs, tabors marocains, goumiers nord africains) sous notre drapeau tricolore au cours des deux guerres mondiales du XX° siècle. Pourquoi les occulter ainsi de la mémoire collective ?

15:45 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (6)

18/09/2006

De la francophonie

Lorsqu’ on voyage, on apprend beaucoup de choses et quand on s’intéresse à la vie quotidienne des gens on découvre toute une amusante et surprenante imagerie dans le verbe. Ainsi à l’île de la Réunion, ce département français qui ne compte pas moins de 780 000 habitants, ‘bonbon la fesse’ désigne un suppositoire, ‘grouiller sa calebasse’ signifie s’activer, se dépêcher, et quand on parle d’‘argent braguette’ on évoque les allocations familiales.
Au Québec, des expressions sont courantes: ‘Pèse sur la tête pour voir si la queue y bouge’ veut dire plaider le faux pour connaître le vrai et ‘Poule qui cacaille, la même qui l’a pondu’ signifie que celui qui répand la rumeur en est souvent à l’origine.
Un créole de Saint Denis et un canadien de Québec pourraient sans doute se comprendre s’ils parlent ensemble d’une ‘marmaille mal commode’, un enfant turbulent… Mais s’ils évoquent leurs ‘gosses’, l’incompréhension sera totale: le réunionnais parlera de ses enfants tandis que le québecois restera bouche bée car ce mot désigne chez lui les testicules et pourrait ‘partir juste sur une gosse’ (partir à toute vitesse, si vite qu’il laisse derrière lui la seconde).

Le Sénégal n’est pas en reste, jugez en:
Une ‘disquette’, c’est une minette, une jeune fille qui aime attirer les regards;
‘Gérer’, c’est draguer (Babacar a géré la voisine);
Un ‘élève couloir’ est un enfant admis dans un établissement scolaire suite à l’intervention d’une personnalité.
‘Radio baobab’ signifie une rumeur publique….. Tiens, tiens…comme ‘le téléphone arabe’.
‘Le mois est creux’ fait référence à la période où on n’a plus d’argent, quand on a épuisé la
paie du mois passé et qu’on attend celle du mois en cours.

Vous allez peut-être me dire que tout cela c’est des ‘histoires queue de chat’ (histoires à dormir debout). Mais non, les quiproquos peuvent engendrer des situations difficiles à gérer. Songez donc à la surprise du canadien francophone à qui vous dites que vous avez joué ce matin avec vos gosses ou avec ceux du voisin et la vôtre s’il vous précise que sa femme a mis des ‘préservatifs’ (conservateurs) dans les confitures qu’elle vient de faire ce dernier week-end. Trop drôle, n’est ce pas, de voir une demoiselle devenir folle devant une ‘bibitte’ de rien du tout (bibitte = insecte).

C’est pourquoi je vous propose d’essayer de trouver ce que signifie le ‘deuxième bureau’ au Sénégal.

13:35 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (10)

17/09/2006

Le radeau de la méduse

medium_Sans_titre_-_2.jpgLe traité de Paris du 13 mai 1814 restitue à la France les possessions du Sénégal prises par les Anglais qui avaient attaqué Gorée en 1793 et Saint Louis en 1803.
Le 17 juin 1814, la frégate française LA MEDUSE, bâtiment de trois mâts et 44 canons, quitte Rochefort à destination du Sénégal accompagnée de trois autres navires, l’Argus, l’Echo et La Loire. A son bord, 400 marins et soldats ainsi que le nouveau gouverneur, le Colonel Schmalz, chargé de reprendre possession des comptoirs français.
Le 2 juillet, le bateau s’échoue sur le ban d’Arguin, à 160 km au large des côtes de la Mauritanie, à la suite des erreurs de son capitaine inexpérimenté, Hugues Duroy de Chaumareys.
Les six embarcations de sauvetage (dont une portait le nom de Sénégal) ne suffisant pas, 147 personnes prennent place sur un radeau de fortune, de 20 m de long sur 7m de large, construit à la hâte avec les matériaux récupérés à bord de LA MEDUSE. Le radeau surchargé est remorqué par les autres canots dont l’état est loin d’être satisfaisant, mais la ligne de remorque est rapidement coupée pour éviter le chavirage des uns et des autres.
Le radeau est donc à la dérive abandonné aux éléments, sous un soleil de plomb. Devenu ingouvernable, il est livré aux courants marins. Le peu de vivres et d’eau pris à bord est vite épuisé. La faim et la soif sont la cause de bagarres entre les hommes, les plus forts éliminant les plus faibles. Des scènes cauchemardesques se déroulent, des suicides interviennent tandis que d’autres passagers perdent la raison. Certains mastiquent du cuir ou des linges, d’autres dévorent des lambeaux de chair arrachés avant de les jeter à la mer aux cadavres qui se multiplient sur l’embarcation.
Après 13 jours de dérive le radeau est repéré par l’Argus qui recueille 15 rescapés moribonds.
Les survivants débarqués à Saint Louis sont, après quelques soins, acheminés sur l’île de Gorée d’où la marine britannique les rapatrie sur la France.

Théodore Géricault après avoir recueilli les témoignages de rescapés réalise en 1819 le RADEAU DE LA MEDUSE, célèbre tableau au réalisme absolu conservé au Musée du Louvre à Paris

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28/08/2006

La famille au Sénégal

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La famille, milieu socioculturel fait d’attitudes et de croyances, est le noyau de la société sénégalaise. C’est la cellule de base, irriguée par une force morale fondamentale, qui permet à la population de survivre dans ce pays où la pauvreté est une réalité. Il ne faut pas seulement en retenir qu’il y a beaucoup d’enfants dans un foyer du fait de l’indice de fécondité élevé de la femme ou que l’homme mange à part à la maison (avec ou sans invité) tandis que l’épouse partage de son côté ses repas avec les enfants. La famille est soudée et les descendants subviennent aux besoins des ascendants trop âgés pour pouvoir travailler. Y existe une harmonieuse cohabitation intergénérationnelle.
L’homme est le chef de famille mais la femme, qui a de plus en plus accès à l’instruction et au travail hors du foyer, contribue davantage à son épanouissement.

Le besoin de ‘bien paraître’, profondément ancré dans la mentalité, engendre une solidarité familiale et une éducation de base que nombre de gens en France semblent avoir oubliées.
Chaque sénégalais qui a des ressources doit faire vivre sa femme, ses enfants, ses parents, ses frères et sœurs, ses cousins, etc.. C’est un devoir et c’est ce qui explique que la famille peut regrouper jusqu’à une vingtaine de personnes, voire quelquefois plus, sous un même toit.

Le travail, denrée rare en milieu urbain, est systématiquement offert en priorité à la famille ou à un parent plus ou moins proche du recruteur. La compétence ou la capacité n’étant pas des critères de choix, il s’ensuit souvent des désordres et des contresens économiques… Plus grave encore, le jeune qui s’est astreint à une formation, aussi brillant soit il, a bien du mal à entrer dans le vie active s’il n’a pas un parent qui ait atteint un niveau de responsabilité. On comprend mieux pourquoi, de guerre lasse, il cherche à émigrer.
La faillite retentissante de la compagnie aérienne AIR AFRIQUE a été grandement la conséquence de ce système de recrutement familial et du fait que la moitié des passagers voyageait sans payer avec des billets gratuits réservés au personnel et à leur famille.

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15/08/2006

Les marabouts

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Dans la religion musulmane, les marabouts sont des hommes qui se consacrent à la pratique et à l’enseignement d’une vie religieuse.

Au Sénégal, les grands marabouts des confréries mouride et tidjane jouent un rôle très important tant dans le domaine économique que politique.

Avant la colonisation, au temps de la monarchie wolof, le marabout avait non seulement une fonction religieuse de guide spirituel mais aussi une fonction temporelle (chef de communauté villageoise ou régionale). Quand il collaborait avec les autorités politiques du pays, il recevait de l’argent, des terres, du bétail, voire même des esclaves.

La conquête coloniale française au 19° siècle entraîne la fin de la monarchie et favorise une expansion rapide de l’Islam. Le marabout acquiert alors un pouvoir politique, notamment après que la confrérie mouride, initialement hostile, eut rejoint en 1912 les Tidjanes dans leur collaboration avec l’administration française. Le travail dans les champs des marabouts a permis le développement de la culture de l’arachide. La France s’est rapidement rendu compte de l’influence réelle de ces leaders et n’a pas hésité à utiliser leurs pouvoirs pour un profit économique, matériel et militaire.

Après l’indépendance (1960), l’Etat sénégalais, qui n’avait pas de relation avec les villageois, s’est appuyé sur les marabouts pour les élections. De ce fait, ces derniers voient s’amplifier leur pouvoir politique et deviennent un lien entre le peuple et le gouvernement qui, pour conserver son propre pouvoir, maintient leurs rôle et prérogatives et évite de s’attaquer à leurs dérives (manipulation et exploitation de la population rurale et urbaine).

Aujourd’hui, les grands marabouts, dirigeants de confréries, possèdent des milliers et des milliers d’hectares de terre en milieu rural, de très nombreux immeubles en milieu urbain. Ils possèdent également une grande quantité de véhicules de transport en commun (les taxis brousse) et d’entreprises. Ce sont de véritables capitalistes qui gagnent un argent considérable. Ils procurent certes du travail à leurs disciples (talibés) qui oeuvrent dans leurs champs ou entreprises mais en réalité les rémunèrent mal et les exploitent plus qu’ils ne les aident ou qu’ils contribuent à leur évolution économique et sociale. Et pourtant la population, consciente des réseaux qu’ils ont mis en place dans la société et de leur importance dans la vie économique, a confiance en ses marabouts et les suit aveuglément dans leur orientation politique.

Les petits marabouts locaux sont beaucoup moins aisés sur le plan matériel et certains se sont mis à exploiter la population au travers des écoles coraniques, les daaras, censées donner une bonne éducation morale et religieuse. La dévaluation du franc CFA en 1994 a eu un effet pervers catastrophique en milieu rural et de très nombreux villageois ont migré vers les villes, notamment Dakar. La plupart d’entre eux n’y ont pas trouvé de travail et n’ont pas de quoi subvenir aux besoins de leur famille. Ils confient alors leurs enfants à des petits marabouts qui les envoient mendier dans la rue à leur profit. (Cf les 4 notes sur les enfants talibés dans la rubrique Sénégal).

Il est nécessaire de témoigner ici qu’il existe quand même des marabouts qui exercent leur rôle normal dans l’enseignement du Coran sans porter atteinte aux droits de l’homme.

20:51 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (4)

Le Sénégal en images

Je tiens à saluer le travail réalisé par JCG au Sénégal.
Les images de qualité, les sujet variés allant du ludique au pertinent...Connaissant les difficultés que peut rencontrer un journaliste au Sénégal, je tiens à tirer mon chapeau à JCG

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