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23/05/2006

CHU la Colombière: des infirmiers ordinaires mais des patients particuliers

Depuis le début des années 90, le domaine de la psychiatrie connaît de nombreuses mutations, notamment au niveau de la formation des infirmiers
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LA Colombière, hôpital psychiatrique du service public, fait partie du CHU de Montpellier. Des étudiants du secteur de la santé viennent donc y compléter leurs études en internat.
Jusqu'en 1992, les infirmiers psychiatriques possédaient un statut et une formation spécifique rémunérée.
En vue d'une harmonisation européenne des diplômes, les ISP (infirmiers spécialisés en psychiatrie) n'existent plus. Du point de vue de leur formation, on ne fait plus aucune différence entre un infirmier psychiatrique et un infirmier ordinaire même s'ils doivent tous effectuer un stage dans le domaine de la psychiatrie.

Formation générale des infirmiers
Cependant ce dernier offre un certain avantage. « On peut être psychotique et avoir une jambe cassée.
Les patients atteinds de maladies mentales peuvent se trouver dans d'autres services, et, dans ce cas uniquement, la formation générale des infirmiers est un bon point
», explique Yves Perrot, secrétaire de la CGT du CHU de Montpellier et cadre infirmier en psychiatrie.
Il pointe aussi le doigt sur la formation de plus en plus technique des infirmiers.
Des machines complexes sont désormais utilisées dans les hôpitaux et le personnel doit savoir les manier. Cette place importante de la technologie nuit au rôle complémentaire des infirmiers, c'est à dire le suivi moral des patients. Un rôle d'autant plus important dans le domaine de la psychiatrie qui reste une voie particulière de la médecine.
C'est pourquoi certains psychiatres évoquent une spécification éventuelle complétant l'enseignement des infirmiers.
En effet, leur formation comprend trois spécialités officielles, (puériculture, anesthésie, bloc opératoire), acquises au cours d'une année d'études supplémentaire. En toute logique, la psychiatrie devrait elle aussi faire l'objet d'une spécialisation.
« Nos patients sont à manier avec des pincettes. Il faut constamment leur rappeler les règles de la société, ce qui ne s'apprend pas pendant la formation d'infirmier. Résultat: à chaque fois qu'un membre du personnel se fait agresser par un malade, c'est suite à un rappel à l'ordre mal compris», confie un cadre infirmier de l’hôpital La Colombière.
Autre conséquence de la disparition des ISP : la part d'hommes et de femmes dans les équipes de soins.
Auparavant, le personnel des services psychiatriques comprenait 85%d'hommes. Une disparité plutôt avantageuse, les malades étant parfois agressifs et violents.
Depuis peu, les statistiques tendent à s'aligner sur celles ,des autres services, où 80% des infirmiers sont des femmes.

Des progrès scientifiques
Si la non spécialisation d'une partie des soignants en psychiatrie paraît préoccupante, elle tient compte des progrès de la médecine. Les traitements médicaux ont fortement évolué et prouvent désormais leur efficacité.
Dans les années 1900, les hôpitaux psychiatriques avaient une politique d'enfermement.
Les « fous », qui représentaient un danger pour la société devaient être isolés, afin de protéger le reste de la population. La tâche essentielle du personnel consistait à éviter les fugues. Aujourd'hui, l'enfermement n'est plus le seul mot d'ordre, et de nombreux' malades suivent un traitement
médical qui leur permet de vivre normalement.
Si les psychotropes sont souvent fustigés pour leurs effets secondaires, il ne faut pas nier leur efficacité. « Les maladies mentales provoquent aussi des décès. Les médicaments ont fait leurs preuves et il faut arrêter de leur jeter la pierre. Certes ils ont des effets indésirables, mais personne ne critique les traitements pour les cancéreux sous prétexte qu'ils provoquent la chute des cheveux », ajoute Yves Pimot, avant de préciser que l'administration de traitements adaptés ne devrait constituer qu'une infime partie des soins qui doivent être accomplis. En effet, ces médicaments soignent efficacement les symptômes, mais il' faut aussi se préoccuper des origines de la maladie. Ce qui semble de plus en plus difficile à cause du manque de moyens.
«C'est surtout par manque de temps, de place et de moyens que les internements sont plus courts.
Pour accueillir les plus malades, nous sommes obligés de faire sortir les moins atteints. En fait, les soignants cherchent à faire disparaître les symptômes comme pour une grippe. Le problème avec ce type de pathologies c'est que les symptômes peuvent réapparaître a tout moment et il faut absolument avoir un suivi. Avant lorsque les patients quittaient l'hôpital, il nous arrivait de prendre des nouvelles chaque jour pour vérifier s'ils prenaient bien leur traitement ou s'assurer qu'il n y avait aucun risque de rechute »,
ajoute le syndicaliste de la CGT.
En résumé, dans le domaine de la psychiatrie, beaucoup de choses ont changé. La formation d'une partie du personnel n'est plus spécialisée. Les progrès de la médecine et le manque de moyens provoquent une adaptation inévitable dans la manière de traiter les troubles mentaux de plus en plus nombreux.

Eric GALLAND
Enquête réalisée en février 2004

08/05/2006

Pitou l'enfant roi: ce n'est que pour les enfants

Christian Benoist est comédien. Tous les jours de la semaine il se rend dans l’école maternelle pour séduire un public particulier : les enfants…

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Le matin, Christian Benoist va à l’école maternelle. Néanmoins, dans sa besace, au lieu des billes et des crayons de couleur, on trouve des spots et des marionnettes.
Vous l’aurez compris, Christian ne va pas à l’école pour s’instruire, mais bien pour divertir les enfants. Jeune, il évoluait dans divers milieux d’activité, notamment en tant que animateur sur un bateau de croisière. En 1978, il jouait pour la première fois devant des enfants. Un public qu’il a choisi de privilégier tout au long de sa carrière.
« Les enfants constituent le public le plus honnête qu’il soit. Si le spectacle leur plait, ils écoutent. Si ca ne leur plait pas, ils le font rapidement comprendre. Avec les enfants, il n’y a pas d’analyse ni d’hypocrisie. C’est dans leur regard que l’on sait s’ils ont étés séduits par le spectacle », précise Christian Benoist.
S’il a derrière lui de nombreuses années d’expérience, Christian a su rester jeune. En évoquant son âge, il répond avec humour : « Vu que je n’ai toujours pas quitté l’école maternelle, j’ai toujours forcément moins de 6 ans».
Il a repris la tournée d’un spectacle bien connu de nos petites têtes blondes : « Pitou l’enfant roi ».
A partir du 16 Avril (2004) il sera en représentation dans les écoles héraultaises.

Un conte écrit pour les enfants

Ecrit de manière pédagogique par Jean Pierre IDATTE, et produit par la compagnie parisienne « Les trois Chardons », ce conte passionnant fait rêver les enfants.
Pour devenir roi, Pitou, un garçonnet représenté par une marionnette, doit relever une multitude de défis. Au cours de son périple, il doit affronter trois dragons, aussi méchants les uns que les autres. C’est grâce au soutien des petits chérubins, qui incarnent, les nuages, les vagues et les arbres, que le héros parvient au bout de son aventure.
Habillé de manière sobre pour ne pas prendre le dessus sur ces marionnettes, Christian joue chaque rôle de l’histoire avec des voix et des intonations différentes.
Il doit aussi porter attention à la bande sonore, en respectant, à la seconde près, les passages musicaux. Orchestrée avec précision, l’histoire offre une part à l’improvisation. En effet, les enfants étant imprévisibles, il faut parfois s’adapter.
Cette histoire, Christian la vit quotidiennement depuis plusieurs années, avec la même conviction.
Les jours se répètent, mais ils ne se ressemblent pas. «Chaque spectacle est différent. Les enfants ne réagissent jamais de même manière, et, grâce à cela, je ne connais pas la routine. »

Autonome à toute épreuve

En tournée, Christian est parfaitement autonome : tout le matériel nécessaire à sa mise en scène rentre dans le coffre de son utilitaire.
Une fois le décor aménagé par le comédien, les jeunes spectateurs s’installent dans les rangs du théâtre improvisé, accompagnés pas leur instituteur.
Malgré l’absence du rideau traditionnel, la scène s’éclaire et l’aventure de peut enfin commencer Pitou l’enfant roi peut enfin commencer.
Les bambins sont passionnés. De la musique au décor, tout est conçu pour les captiver. A cette occasion, ils découvrent des émotions diverses. La générosité, lorsqu’il faut sauver le petit poisson pris dans le filet d’un pêcheur, et la peur du dragon qui vient se perdre dans le public.
Une fois le spectacle terminé, les enfants retournent dans leur salle de classe. Pour le comédien, ce n’est pas fini. Il remballe son matériel pour se rendre dans une autre école.
Au rythme de deux à trois spectacles par jour, Christian à déjà joué ce conte plus de 2000 fois dans toute la France.
De l’Hérault au Jura en passant par les Bouches du Rhône, il dort chaque soir dans un hôtel différent. Une vie certes difficile, mais pas suffisamment pour décourager les plus passionnés.
Le week-end, il revient à Montpellier pour profiter du climat.
« Comme je voyage beaucoup dans toute la France, j’ai choisi de m’installer à Montpellier. Quand je rentre le week-end je suis content de retrouver la mer et le soleil. C’est ce qui me donne l’énergie de continuer, et de me rendre là ou je dois être le lundi matin… »
Eric GALLAND, Printemps 2004
Christian Benoist vient d'ouvrir un blog sur midiblogs: lutinblog

01/04/2006

Tri séléctif: l'alchimie des ordures

En jetant leurs ordures dans les containers multicolores ou dans les onze points de propreté Demeter de l'Agglo les montpelliérains gagnent la première étape du recyclage. Ensuite, le chemin est long pour transformer nos déchets en or. . .
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CHAQUE résident de l'Agglo., (où 90% des zones sont desservies par le tri sélectif) produit plus de 130kg de déchets par an, dont 46% renouvelables.
Les Montpelliérains restent de bons élèves en matière d'écologie, les trois quarts d'entre eux s'affairent à trier leurs déchets en accumulant des sacs poubelles multicolores dans un coin de leur cuisine.
Ce sont les services de l'Agglomération, qui depuis le 1er Janvier dernier sont chargés de collecter les ordures, qui sont ensuite livrées aux entreprises de triage.
La société «Delta Recyclage », par exemple, trie les déchets ménagers. Les divers emballages circulent sur un tapis roulant pour être séparés manuellement selon leur composition, avant d'être mis en balles. Ils sont ensuite livrés à d'autres entreprises spécialisées dans le papier, le verre ou le plastique.
Ce dernier est vendu à la société. « Valorplast », à Toulouse. Une sélection plus précise est réalisée, puis les matières sont broyées et brassées. Après un dernier tri suivant le principe de sédimentation; le plastique est recyclé de manière mécanique ou chimique. Les détails techniques restent réservés aux experts.
Bruno Romieu, ingénieur à « Valorplast », résume en quelques mots: « En fin de vie les plastiques deviennent soit matière, soit chimie, soit combustible ».
Grâce à ces méthodes"la société a recyclé plus de 4,72 milliards de bouteilles durant les 12 derniers mois. Certaines d'entre elles, par exemple, servent désormais à fabriquer des vêtements en polaire ou des sièges de voiture.

Coûts de transports importants
Les usines capables de donner une seconde vie à nos objets de consommation courante sont peu nombreuses en France. Partis de Montpellier nos déchets sont répartis dans tout l'hexagone, ce qui nécessite la mise en place d'un réseau de transport imposant. Et l'acheminement de nos ordures se fait le plus souvent par voie routière, l'une des principales causes de l'effet de serre.
Cela laisse planer le doute sur la véritable véracité écologique du système de tri sélectif. En effet, la plus value réalisée par les usines de recyclage s'avère intéressante.
En plein développement, ce secteur dégage d' importants bénéfices mais crée par la même de nombreux emplois.

L'écologie ça marche surtout lorsque c'est rentable !
Si tous nos déchets ne sont pas encore techniquement renouvelables, une partie de
ceux qui sont incinérés le sont pour des raisons économiques.
Bertrand Bohin" chargé de mission à
l'ADEME (Agence pour l'Environnement et la Maîtrise de l'Energie) explique que l'essor du recyclage dépend avant tout des apports économiques qui en résultent.
« Le traitement des pots de yaourt n'étant pas rentable, ils ne sont pas recyclés. S'il ne dégage pas suffisamment de bénéfices, le recyclage dépend des politiques qui peuvent l'imposer et verser des subventions ».C'est donc aux personnes de haut rang que revient la dimension écologique, puisqu'ils sont les seuls à pouvoir imposer et faciliter la création de nouveaux réseaux.
Bien entendu, aucun entrepreneur ne peut de lui même décider de recycler les pots de yaourt, mettant ainsi son entreprise en danger.
D'ailleurs, le fait qu'une entreprise profite du filon écologique dans le seul but de dégager d'importants bénéfices n'est pas forcément condamnable.
La préservation des ressources est devenue l'une des priorités à l' échelle planétaire.
Si le fait de préserver notre « mère nature» peut rapporter de l'argent et créer des emplois c'est encore mieux.
Et ce n'est pas parce que le recyclage est désormais l'affaire de professionnels que le premier geste ne revient plus à chacun de nous.
Eric GALLAND
Enquête réalisée en Mai 2004

26/03/2006

I am Kloot: un trio magique from Manchester

Le 28 mars 2004, "I Am Kloot", le trio Pop Rock venu tout droit de Manchester, jouait sur la scène du Rockstore

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C’est à Manchester, ville mythique du pop-rock, que le groupe s’est créé en 1999. Le trio a très vite rencontré le succès auprès du public anglais.
Dès l’an 2000, il était déjà considéré en Angleterre comme étant « la révélation à ne pas manquer ».

L’origine du nom reste pour beaucoup un mystère. Certains pensent que « I am Kloot » veut dire « je suis couille ». Pourtant, d’après Johnny Bramwel, auteur, chanteur, guitariste et leader du groupe, le nom fait référence à « Kloot », un film retraçant l’histoire d’une prostituée incarnée par Jane Fonda.
Pour le bonheur des ouïes britanniques qui avaient déjà découvert le groupe à travers de nombreux festivals, l’année 2001 marque la sortie du premier album : « Natural History ».
Un succès outre manche qui a visiblement manqué l’eurostar, le trio n’étant connu, sur le continent, que par une poignée de néophytes.

Le 15 septembre dernier, le leader d’ « I Am Kloot » et ses acolytes (le bassiste Peter Jobson et le batteur Andrew Heargraves) ont sorti un nouvel album éponyme, point de départ d’une notoriété et d’une tournée européenne.
Néanmoins les oreilles françaises semblent rester insensibles à ce style musical. Peut-être à cause de la comparaison avec le groupe Oasis, trop souvent mise en exergue par les médias de l’hexagone.
Un amalgame répété à tort. Il ne faut pas confondre la pop commerciale d’Oasis avec le savant mélange de Pop-Rock et de folk, relevé d’une pointe de blues, cocktail imaginatif propre à I Am Kloot.

medium_kloot_2.4.jpgDimanche (28 mars 2004) soir, la voix rocailleuse et les propos grinçants du chanteur ont captivé les anglophones, présent en nombre dans l’enceinte du Rockstore. Ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare semblent également avoir compris le message. Un message où l’on reconnaît l’humour à la fois vachard et résigné qui fait la caractéristique du Nord de l’Angleterre, transmis sur la scène avec une simplicité déconcertante. En tournée européenne depuis 6 mois, « I Am Kloot » à donc fait étape en cette soirée électorale de dimanche (28 Mars 2004). Probablement la raison pour laquelle une centaine de spectateurs seulement se sont déplacés. Quel dommage !

Sur la scène, pas d’artifices. Simplement trois hommes d’un naturel surprenant, jouant un folk des pubs et des rues, en apparence cru, mais plein d’humour et de tendresse.
Les paroles de Johnny Bramwel sont pour le moins émouvantes. Il y raconte les amours déçus d’un écorché vif à la Jacques Brel. Des mots bleus souvent lacérés par quelques « fuck off » (vulgarités), révélant la nostalgie ambiante de l’ancienne cité cotonnière du Nord de l’Angleterre. Un pessimisme évident pourtant débordant d’espoir.

« Sur ma tombe, je voudrais que soit inscrit : see you later (a bientôt) », confie Johnny entre une bouffée de cigarette et ne gorgée de bière.
Le concert terminé la réaction du public est unanime : « on a rarement vu aussi beau et aussi simple ».
Au petit matin le groupe est reparti sur la route à bord d’un bus gris, couleur du ciel mancunien, direction Barcelone. Les nouveaux fans attendent d’ores et déjà le retour, peut être à l’occasion de la sortie de leur 3 ème opus. « see you later »
Eric GALLAND