13.06.2007

Pédophilie, drogues, violence: les dangers qui guettent les talibés selon Ousseynou N'Diaye

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A cette heure très matinale, repérant tous les feux rouges les talibés circulent pour demander de l'aumône dans la foule massée aux abords de la route. Mal habillés, la plupart d'entre eux ne portent pas de chaussures. Certains ont des plaies sur la tête et même sur les pieds. Ils se contentent de mettre du sable sur leurs plaies tout en ignorant le risque qu'ils encourent.
Le pot de tomate vide en bandoulière, ils mènent des courses effrénées lorsqu'un car se pointe à l'horizon. Ces jeunes êtres sans défense dont les droits sont violés au quotidien, ne se soucient même pas de leurs conditions(un jeune talibé a été heurté cette semaine par une voiture et il est mort sur le coup à la porte de l'université cheikh anta diop) mais de ce qu'ils vont donner à leur marabout au retour. "Nous nous réveillons tôt le matin, après la prière pour apprendre nos versets coraniques sous l'œil vigilant de nos aînés. C'est vers les coûts de 7 heures que nous prenons nos pots pour aller mendier jusqu'à 10 heures. Heure à laquelle nous revenons pour apprendre. Mais chacun doit revenir avec 250 F cfa pour le marabout.
A midi, il faut repartir pour mendier de quoi manger
" informe le jeune talibé qui poursuit :" Comme aujourd'hui, c'est vendredi, les plus grands parmi nous, vont en ville dans les grandes mosquées pour avoir beaucoup d'argent à verser au marabout. Parfois, je quitte la banlieue pour venir mendier jusqu'au garage de Colobane. Là bas, je connais beaucoup de femmes qui tiennent des gargotes, elles donnent à manger une fois que je leur débarrasse de leurs eaux usées et ordures".

Le manque d'hygiène, le commun des talibés

La plupart de ces jeunes talibés sont laissés à eux-mêmes. Ce sont des haillons, des lambeaux sales qu'ils portent durant des jours et ils ne se lavent pas quotidiennement. Beaucoup d'entre eux traînent des maladies dermathologiques avec des boutons et des plaies qui peinent à guérir. "Il y a une mère de famille qui m'a adopté. Elle me donne à manger et me donne aussi des vêtements quand elle me trouve sale. Parfois, je me lave chez elle mais personnellement, je ne peux prendre quotidiennement mon bain", souligne un jeune talibé. Un autre beaucoup plus jeune avance : " J'ai des plaies qui peinent à guérir.
Je les soigne avec du sable. Quand j'ai du savon, je prends mon bain mais je peux rester une semaine sans me laver
". Ces jeunes souffrent dans une indifférence totale comme s'ils ne font pas partie de la société alors qu'ils ont droit à l'éducation au même titre que les autres. Cependant, certaines bonnes volontés leur tendent la main pour les aider à sortir de cette situation difficile.
"Ma maison est fréquentée par beaucoup de talibés d'où mon nom: "mère de talibés". Je leur donne à manger et surtout du savon pour qu'ils puissent se laver. La plupart d'entre eux sont sales et ils traînent des boutons et des plaies qui ne guérissent jamais. J'achète de l'alcool pour les soigner. C'est le fait qu'ils restent longtemps sans prendre de bain qui fait qu'ils tombent malades" souligne Maty Sy, gérante de gargote. Ces enfants sont exposés à beaucoup dangers.

Pédophilie, drogue, violence: les dangers guettant ces talibés sans défense !
Ces jeunes talibés sont parfois battus par leur marabout. Certains d'entre eux portent des cicatrices qui témoignent des sévices subits. Ils sont parfois la proie facile des pédophiles et des trafiquants de drogue qui peuvent profiter de leur ignorance pour les exploiter. "Il y a des choses graves qui arrivent à ces enfants. Parfois, ils sont violés, battus et utilisés par les trafiquants de drogue pour écouler leurs marchandises"+ "Toutes les cicatrices que j'aies sur mon corps, c'est notre marabout qui me battait tout le temps.
Il est méchant avec nous surtout quand tu n'amènes pas assez d'argent après avoir passé beaucoup de temps dehors. Au niveau du quartier de Gounass, nous connaissons des personnes qui nous donnent des sachets à livrer dont nous ignorons les contenus. Nous soupçonnons que c'est du chanvre indien mais, nous n'osons pas refuser malgré les mises en garde des marabouts. En contre partie, ils nous donnent à manger et beaucoup d'argent. Ils nous conseillent de mettre le sachet dans nos pots comme si on nous avait donné cela comme aumône
", avance un talibé qui avoisine la vingtaine.
Ces jeunes souffrent au plus profond de leur âme, arrachés de leur famille restée au village, ils sont jetés au milieu de cette grande métropole qu'est Dakar avec les dures réalités de la vie. La plupart d'entre eux passent tout leur temps à mendier et ne maîtrisent pas très bien le coran comme cela devrait être le cas. Les marabouts chargés de leur dispenser des cours ne pensent qu'à l'argent qu'ils rapportent au quotidien. Ces informations fournies par les talibés sont balayer d'un revers de la main par un marabout.
"L'argent que me donnent mes talibés, me permet de payer la location des lieux où nous sommes. Je ne leur impose aucune somme d'argent. Je leur met devant le fait accompli qu'on a un loyer à payer à la fin du mois pour qu'ils puissent me venir en aide. Il n'y a pas d'électricité ici, nous avons des lampes tempêtes. Je les bats pour leur donner une bonne éducation et non par méchanceté", note serigne Mbodji. Chaque hivernage, serigne Mbodji retourne avec ses talibés au village pour cultiver la terre. Et l'argent que les talibés amènent au quotidien, leur permet d'acheter des habits pour le retour au village durant l'hivernage.
ça demande vraiment une solution c'est pourquoi je le soumets aux visiteurs de vudici de donner des solutions et pourquoi pas contribuer à combattre ce mal.

Ousseynou N'Diaye

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18.04.2007

L'alphabétisation au Sénégal selon Ousseynou N'Diaye

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Comme dans beaucoup de pays en voie de développement, l'illettrisme et l'analphabétisme sont importants au Sénégal et sont un frein à la croissance. L'enseignement public est pourtant d'assez bonne qualité si on le compare à d'autres pays d'Afrique. Le problème vient en fait des zones rurales qui sont vraiment défavorisées. La création au milieu des années 90, des «volontaires de l'éducation», ces jeunes bacheliers envoyés en brousse pour une indemnité de 50.000CFA/mois seulement (76 euros) a largement contribuer à aider ces populations rurales qui ont de grandes difficultés à envoyer leurs enfants à l'école. Les conditions d'enseignement dans les campagnes sont néanmoins très difficiles. Faire acheter un stylo à 100CFA (0,15 euros) à un enfant tient du miracle et Ne parlons donc même pas des livres même si maintenant le gouvernement à travers les communes d’arrondissement commencent à prendre en charge le matériel scolaire en début d’année. Par exemple dans ma localité à Mbao le maire prend en charge les fournitures et prend même la responsabilité d’insérer dans les centres professionnels les enfants qui ne fréquentent plus l’école pour k’il se tape un métier.
Dans les endroits les plus excentrés, il n'y a qu'un seul niveau de classe pour tous les élèves qui étudient avec une simple ardoise sous une paillote. Les meilleurs élèves comme les moins bons sont donc vraiment pénalisés. La région de Tambacounda, la plus grande du Sénégal, compte deux collèges publics et un lycée public !!! Beaucoup n'ont pas les moyens d'envoyer leurs enfants en pension ou dans des familles. Ici, les catholiques Bassaris et Tendas-Bediks sont favorisés puisque souvent les missions catholiques envoient à leur frais les meilleurs élèves dans les meilleures écoles du pays. A Dakar, il est assez rare de voir un enfant ne pas parler français. A part dans les quartiers les plus pauvres comme Ngor, Pikine, Yoff-pêcheur, la situation est plutôt bonne quand à l'enseignement primaire.
Maintenant il y a des solutions car beaucoup d’établissements créent des jumelages avec des écoles françaises ou précisément européenne comme ça il ya des envoies de matériels scolaires ou bien beaucoup d’autres matériels utiles à la bonne marche de l’éducation

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20.03.2007

La famille au sénégal selon Ousseynou Ndiaye

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Comme sur le reste du continent, la famille reste le noyau de la société sénégalaise. C'est grâce à cette famille que la population «tient le coup» malgré la crise chronique que connaît le pays. Mais c'est aussi parfois à cause de ce lien pesant que le pays éprouve certaines difficultés.

C'est en conciliant cette solidarité à une conception plus autonome de l'individu que des progrès réels pourront être réalisés. Le problème, car c'en est un en partie, saute tout de suite aux yeux de l'étranger. Les sénégalais en ont conscience et tentent petit à petit de le résoudre : le travail, denrée rare et presqu'introuvable en milieu urbain, est systématiquement donné aux parents plus ou moins proches de la personne chargée de recruter. Le problème engendré par ce comportement est multiple : d'une part, le parent employé n'aura pas forcément les qualités requises pour cet emploi. S'ensuit donc une multitude d'erreurs commises par ces personnes non qualifiées.
D'autre part, les études pourtant très prisées par les sénégalais, ne serait-ce que par enrichissement culturel, ne peuvent qu'être dévalorisées par ce genre de recrutement familial : «pourquoi étudier puisque mes relations familiales ne me permettront pas d'avoir un emploi correspondant à ma qualification?» Et inversement : «pourquoi étudier puisque de toute façon mon oncle bien placé dans l'entreprise X me fournira un emploi ?».

Un certain découragement s'empare donc des jeunes qui deviennent souvent fatalistes ne voyant comme unique solution que l'émigration. Les petites annonces d'emplois proposées par les organisations internationales ne sont même plus lues par les diplômés puisqu'ils savent que c'est un sénégalais qui s'occupe du recrutement et que l'annonce n'est qu'une formalité imposée par les coopérants étrangers ! Le résultat de cette préférence familiale, fait humainement compréhensif mais économiquement déplorable, fait que les familles riches ont tendance à s'enrichir grâce à la multiplicité des emplois et que les plus pauvres stagnent dans leur misère. On se souviendra de cette annonce nécrologique sur une radio nationale concernant un cadre d'Air Afrique : «Mme Fatou X, sa tante, gestionnaire à Air Afrique, Mr Hassan X, son frère, contrôleur aérien à Air Afrique, Mr Mamadou X, son frère, agent d'entretien à Air Afrique, etc...ont la douleur de vous annoncer etc....».

On comprend désormais mieux la faillite de cette compagnie aérienne bananière où le recrutement familial était la règle et où la moitié des passagers voyageaient à l'oeil bénéficiant des billets gratuits réservés au personnel et à leurs familles. Néanmoins, en milieu rural, ce phénomène s'atténue du fait de la quasi-absence de travail salarié. Tout le monde est agriculteur et personne ne chôme vraiment.

Cette solidarité familiale loin de s'exercer uniquement dans les situations favorables se manifeste également en cas de problème. Jamais un sénégalais ne sera démuni face à une perte d'emploi ou au décès d'un proche. Il y aura toujours un lit, toujours une assiette pour un frère, un neveu, un grand-père ou une arrière-petit-cousin dans l'embarras. C'est même un devoir d'aider cette personne, au risque, si on ne le fait pas, de passer dans le village pour une famille indigne.

La majorité des sénégalais étant dans «l'embarras» on comprends mieux pourquoi une personne qui travaille en peut en avoir vingt autres à sa charge. Ce besoin de «bien paraître» aide également à comprendre pourquoi lorsqu'un membre de la famille fait un acte répréhensible par la loi ou condamnable par les traditions, c'est sur tous les parents que rejaillissent la honte et l'opprobre, sur plusieurs générations. L'héritage des vieilles traditions familiales se voit dans la vie de tous les jours. Dans la plupart des familles par exemple les hommes mangent de leur côté, alors que femmes et enfants mangent à part.

ousseynou ndiaye

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09.03.2007

Sénégal: la vie quotidienne.

 

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La population sénégalaise s'offusque de l'augmentation des prix des denrées alimentaires de première nécéssité au lendemain des élections présidentielles et interpelle le gouvernement.

Le prix du riz vient de passer de 250 à 275 FCFA le kilo (0,38 euros à 0,42 euros), soit une progression de plus de 10 %.. Le pays produit du riz le long du fleuve Sénégal au Nord et à l'Est mais ne s'auto-suffit pas et importe de Thailande la majeure partie de ce qui lui est nécessaire.

 Le litre d'huile passe de 750 à  800 FCFA (1,14 euros à 1,22 euros). Le train de hausse concerne également le lait en poudre, le sucre en morceaux, la tomate concentrée, la viande et bien d'autres produits utilisés au quotidien par les familles, qui, rappelons le, sont trés nombreuses. Beaucoup de maisons familiales subviennent aux besoins de 15 à  20 personnes et la fonction "alimentation" est conséquente.

Afin d' apprécier la notion de pouvoir d'achat, voici quelques chiffres concernant ceux qui ont la chance d'avoir du travail. Un maçon gagne par journée de huit heures trois mille FCFA (4,55 euros). Un maître d'école volontaire touche mensuellement 60 à 70 000 FCFA (91 euros à 106 euros) et un maître d'école formé et confirmé 120 000 FCFA (182 euros). Un moniteur de formation professionnelle de plus de 10 ans d'ancienneté reçoit 130 000 FCFA (moins de 200 euros) par mois. La majorité des Sénégalais vit de petits boulots aléatoires ou fait du petit commerce et ne gagne guère plus de 30 000 FCFA par mois (moins de 50 euros). Quant aux chômeurs qui sont trés trés nombreux, il n'y a rien pour eux.

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06.03.2007

Sénégal: l'après éléctions présidentielles

Sans attendre la confirmation et la publication des résultats des élections présidentielles par le Conseil Constitutionnel, le Président Abdoulaye WADE fait une attaque en règle contre les principaux chefs de l'opposition, qui n'ont par ailleurs de cesse de contester le scrutin du 25 février. Fin politique, Maître WADE (avocat d'origine) sait sans doute ce qu'il fait en portant des accusations précises et ne semble pas craindre un effet boomerang.

Il est vrai que les prochaines élections législatives se dérouleront au mois de juin 2007 et que le président veut avoir une chambre des députés qui le soutienne dans la poursuite des réformes déjà  entamées et la mise en oeuvre de nouvelles actions. Il veut profiter de son triomphe au premier tour des élections et mettre à  terre ceux qui l'ont bien malmené durant la campagne électorale.

Toujours est-il que les quotidiens de la presse locale s'en donnent à  coeur joie et publient des articles où la majorité des leaders politiques s'attaquent les uns les autres par journaliste interposé... Ici, on ne semble pas vérifier outre mesure ses informations. De ce fait vérités et contre-vérites se croisent, et les affirmaions sans fondement pullulent.

10:00 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

05.03.2007

Sénégal: éléctions, les chiffres

Les chiffres de l'éléction présidentielle 2007 au Sénégal.

Près de 71 % des électeurs sénégalais se sont déplacés ce dimanche 25 février 2007 pour exprimer leur choix entre quinze candidats.

Monsieur Abdoulaye WADE du Parti Démocrate Sénégalais a obtenu 1 910 368 voix, soit 55,86 % des suffrages exprimés.

L'ancien premier ministre, maire de Thiès, M. Idrissa SECK recueille 510 610 voix, soit 14,93 %.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste sénégalais, M. Ousmane Tanor DIENG, obtient 403 967 voix, soit 11,81 %

En quatrième position, on trouve M. Moustapha Niasse, autre ancien premier ministre, avec 197 336 suffrages, soit 5,87 %.

Dans tous les départements du pays, sauf ceux de Thiès et de Nioro, M. WADE se trouve en tête (32 sur 34 départements). Beaucoup de sénégalais ont voté pour le Président sortant car ils veulent que ce dernier achève les chantiers entrepris depuis son élection en 2000.

Rappelons que M. Abdoulaye WADE, libéral, avocat d'origine formé en France, a mis fin en 2000 à  quarante années de pouvoir socialiste avec sa victoire à  l'arraché sur M. Abou DIOUF.

08:40 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

02.03.2007

Le scandale des Talibés continue.

 

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J'ai l'impression que ces enfants mendiants sont toujours plus nombreux. Alors que ses grands hopitaux sont équipés de scanners et d'I.R.M., la société sénégalaise semble banaliser la chose et accepter de voir chaque jour dans les rues ces "enfants esclaves" chargés de récolter de quoi manger pour survivre et des sous pour leur marabout. Et, si ces innocents ne ramènent pas au moins de 300 à 500 FCFA à leur maître, ils sont châtiés.

Monsieur le Président WADE, à  l'aube de votre second mandat pourquoi ne pas mettre la résolution de ce grave problème, véritable fléau social, au rang de vos préoccupations IMMEDIATES ?

Voir les articles parus en juin 2006 dans la catégorie SENEGAL

12:20 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

01.03.2007

Sénégal: Promotion Sociale.

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Photo archives

Dam Fall, maçon de son état, ne gagnait pas assez d'argent pour satisfaire ses besoins et ceux de sa famille. Il décide alors de changer de métier et se transforme en marabout. Il améliore pour cela son look et ses manières. Puis il se met à  fabriquer de faux talismans "anti-police", "anti-gendarmerie", "anti-prison" qu'il vend en banlieue de DAKAR. Il en est même arrivé à proposer des gris-gris permettant de commettre un vol dans les boutiques sans être appréhendé. Il s'est ainsi refait une santé financière.

Le charlatan a oeuvré pendant vingt ans. La gendarmerie vient de mettre un terme à cette activité lucrative en ce mois de février 2007. Il dort en prison maintenant.

Une idée me vient à l'esprit. Je vais proposer en France des "gris-gris anti-radar", des "gris-gris anti-police municipale" pour le stationnement en ville....

Youpiiii, je vais faire fortune... Mais, prudent, je ne ferai qu'un quinquénat, nos pandores ayant, parait-il, une meilleure productivité.

07:05 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

28.02.2007

Sénégal: un Ministre qui défonce!

Le coup de boule de Zidane, qui n'a brisé que la fierté de l'italien Materrazy projeté sur son arrière train, on en a parlé dans le monde entier.... Il y a pire à  mon avis: la porte d'un bureau de voté fracassée par un Ministre de la Justice en fonction. Cela s'est passé au Sénégal ce dimanche 25 février 2007. Les faits tels qu'ils se sont produits:

Devant l'affluence et les files d'attente des électeurs et du fait du retard pris dans les opérations de vote, le Ministre de l'Intérieur avait diffusé un communiqué pour la prolongation du vote jusqu'à 22 h 00 si c'était nécessaire.

Vers 21 h 00, le bureau de vote N° 1 de Ndatté Yalla, quartier de Saint Louis, n'ayant plus d'électeurs en attente de voter ferme et son président fait commencer le dépouillement. Quelques temps après le Ministre de la Justice se présente à  ce bureau pour exiger sa réouverture. Le représentant du Parti Démocratique Sénégalais (celui du Président Abdoulaye WADE) s'y oppose. Le Garde des Sceaux n'en a cure et défonce la porte du bureau de vote.

20:48 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

27.02.2007

Sénégal: les éléctions présidentielles en direct

 

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M. Abdoulaye WADE serait réélu Président de la République du Sénégal.

Cette victoire du sortant aurait pu être annoncée dès lundi tant les résultats de la majorité des bureaux de vote étaient éloquents. Mais le Ministère de l'Intérieur tient à  ce que tout soit vérifié et revérifié pour éviter toute contestation possible. Le pouvoir en place ne veut pas de remous post électoraux, certains adversaires de WADE étant peu enclins à  admettre sans broncher le verdict des urnes et à faire preuve d'esprit chevaleresque. On connait la propension de nombreux politiciens à amplifier outre mesure le moindre problème.

Il est évident que tout n'a pas été parfait au niveau des 12 000 points de vote dans tout le pays. Mais il n'y a réellelment pas de quoi remettre en cause les résultats révélés par le dépouillement des bulletins des électeurs. Certes il y a le problème des cartes d'électeur numérisées qui ne seraient pas parvenues à  leur propriétaire. Le Sénégal n'est-il pas une jeune démocratie où tout n'est pas encore parfaitement au point ?

Bien que le Conseil Constitutionnel n'ait pas donné les résultats officiels, on peut dire que M. Adoulaye WADE sort vainqueur de ce premier tour de scrutin avec plus de 50 % des voix. Souhaitons qu'il ait le triomphe modeste et que le Sénégal continue dans la voie du développement. Il  y a encore tant à faire ici.

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JCG

15:05 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

26.02.2007

Sénégal: les éléctions présidentielles en direct

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De nombreux bureaux de vote sont restés ouverts jusqu'à 22 heures ce dimanche, au lieu de 18 h 00 initialement prévu. Certes, il y avait eu des ouvertures tardives le matin, jusqu'à   9 h 30 alors que l'heure officielle était prévue à 8 h 00, non pas par manque de matériel électoral mais du fait d'organisations locales défaillantes (par exemple, le Président du bureau de vote n'avait pas les clés de ses locaux, salles non préparées à l'avance, etc..). Faute des clés, on parle de portes qui auraient finalement été forcées devant des files d'attente d'électeurs afin que puissent débuter les opérations de vote.

Plus de soixante dix pour cent des électeurs inscrits sur les listes électorales se sont déplacés pour participer à ce premier tour de scrutin..

Les résultats ne devraient pas étre connus avant ce soir. Le camp du président sortant, M.WADE, est toujours persuadé de la victoire; mais les opposants affirment qu'il y aura un second tour

18:20 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

25.02.2007

Sénégal:les éléctions présidentielles en direct

 

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Ce dimanche matin à 08 heures locales ont commencé au Sénégal les opérations de vote pour l'élection présidentielle 2007.

Dès la fin de la prière de 6 h 45, des électeurs se dirigeaient vers leur bureau de vote et avant même l'ouverture des portes on pouvait constater des files d'attente.

Le Ministère de l'Intérieur avait tout mis en oeuvre pour que les 12 000 points de vote soient équipés en temps voulu de tout le matériel nécessaire. Même s'il a pu y avoir quelques incidents de ci de là , cela ne saurait remetre en cause la volonté affichée de faire en sorte que tout se déroule au mieux dans le meilleur esprit démocratique.

A la mi-journée, ce premier tour de scrutin se déroule dans le calme, la sérennité et la transparence. Les Sénégalais viennent nombreux accomplir leur devoir de citoyen. Les files d'attente devant les bureux de vote sont impressionnantes. Beaucoup y passeront de une à deux heures avant de déposer dans l'urne le bulletin de leur choix. A l'intérieur les opérations semblent un peu lentes et peuvent faire craindre que tous les électeurs n'y passeront pas s'il n'a pas une accélération.

Photos prises par JCG, à 12h30, devant le bureau de vote de M'Bao

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18:25 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Sénégal: élections présidentielles

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La grande incertitude du premier tour. Quinze candidats se présentent au suffrage de 5 000 000 électeurs. Le nombre élevé des prétendants semble exclure que l'un d'entre eux obtienne plus de 50 % des voix ce dimanche. Si c'était le cas d'aucuns osent mettre en avant que la démocratie sénégalaise serait en danger du fait d'un éventuel manque d'intégrité.

Le Président sortant, élu en 2000, M. Abdoulaye WADE, quatre vingts ans, du ¨Parti Démocratique Sénégalais se représente et insiste sur son bilan. Ses principaux adversaires sont M. Ousmane Tenor DIENG, du Parti Socialiste, M. Idrissa SECK, maire de Thiès, M. Aboulaye BATHILY, M. Moustapha NIASSE, ancien premier ministre de WADE, du parti 'Coalition Alternative 2007'.

La campagne électorale, qui s'est terminée ce vendredi à minuit s'est déroulée dans d'assez bonnes conditions. On peut espérer le calme dans le pays demain. Les grands marabouts n'auraient pas donné de consignes de vote.

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23.02.2007

Election Présidentielle Sénégalaise :

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Ouverture d’un bureau de vote à la Maison des Relations Internationales.

L’Ambassade du Sénégal à Paris ouvrira un bureau de vote à la Maison des Relations Internationales annexe, espace Martin Luther King, pour permettre aux ressortissants sénégalais résidant dans la région de Montpellier de voter aux élections présidentielles se déroulant dans leur pays. 

Dimanche 25 février 2007 : 1er tour

Dimanche 18 mars 2007 : 2ème tour

Le bureau de vote sera ouvert de 9h à 19h.

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21.02.2007

Le Baobab

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Comme le cèdre est au Liban, la feuille d’érable au Canada, le baobab est au Sénégal, à la différence près qu’il ne figure pas sur le drapeau national. N’empêche le baobab est un emblème pour le pays (l’autre étant le lion). Les philatélistes le savant bien qui voient l’arbre en solo sur les timbres ‘Officiel’ de la poste sénégalaise.

Quand il est jeune le baobab ressemble à une bouteille renversée; l’arbre adulte présente un tronc énorme, fort et trapu avec des branches tortueuses.

Le baobab, qui atteint 20 à 24 mètres de haut, peut avoir une circonférence de 22 mètres. Ses racines sont minuscules et son tronc en bois spongieux est un véritable réservoir qui contient jusqu’à 90 à 100 000 litres d’eau. Son écorce, lisse à l’extérieur, est grisâtre, quelquefois argentée. Des feuilles apparaissent irrégulièrement entre juin et décembre. La floraison a lieu généralement en l’espace d’une seule nuit, pendant laquelle les amateurs nocturnes de nectar, notamment les chauve-souris, assurent la pollinisation. La fleur est blanche avec une odeur peu agréable.
La longévité du baobab serait de 1 000 à 2 000 ans s’il ne subit pas d’agression..

C’est un arbre aux multiples usages:
-La partie intérieure fibreuse de son écorce est utilisée pour faire des cordes et cordages.
-Les feuilles servent en pharmacopée (tisane);
-Son fruit, le pain de singe ou bouÏ en wolof, est pulpeux et peut se manger cru. Il a un goût acidulé et sert aussi à faire une boisson pour les enfants: le jus de bouï. Les villageois font des récipients avec la coque.
-Les graines, grosses comme des noisettes, produisent après écrasement une huile alimentaire ou se consomment grillées pour remplacer le café.

Dans le village, les habitants se réunissent souvent au pied du baobab pour discuter pendant des heures, d’où son surnom d’arbre à palabre.

Le baobab est au Sénégal entouré de nombreuses légendes. Certains d’ailleurs, creux à l’intérieur, servent de sépulture pour les griots, ces conteurs, poètes, musiciens, dépositaires et garants de la tradition orale.

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20.01.2007

Les griots

medium_suso2.jpgDétenteurs et gardiens de la mémoire collective du Sénégal et des familles africaines, les griots perpétuent la tradition orale.
S’accompagnant de la kora, du balafon ou d’un luth, ils relatent par le biais de chants, de chroniques et de récits les légendes et l’histoire du village ou du pays dont ils ont mémorisé tous les évènements importants. Leur rôle est primordial dans la conservation et la transmission de la culture orale.
Musiciens, chanteurs, conteurs, bardes ambulants, ces maîtres incontestés de la parole et de la musique vont de village en village chanter les louanges d’un lignage ou d’un clan qui le paie à cet effet. Ils peuvent parler pendant des heures et des heures, voire des journées entières, en utilisant les ressources de leur mémoire imprégnée des connaissances léguées de griot en griot au cours des générations. Ils se déplacent aussi de famille en famille pour animer les principaux évènements de la vie (mariage, circoncision, funérailles, soirées de divertissement) et flatter les invités. Ils leur arrivent d être médiateurs dans les conflits familiaux et villageois.

N’importe qui ne peut pas être griot. C’est une profession et un art qui se transmettent par lignage. Une femme peut être griote; elle est alors surtout chanteuse et développe une voix puissante et aiguë qui porte fort et loin.

Aujourd’hui, les griots évoluent avec la société qui se modernise mais demeurent très populaires et, bien que descendants de caste inférieure, conservent une importance considérable. En plus de leurs activités traditionnelles, ils peuvent conseiller en amour comme en affaires ou en communication, être appelés à pousser les sportifs à se surpasser en faisant leur éloge (lutteurs, footballeurs, notamment). Certains d’entre eux ont créé des groupes musicaux qui se produisent tant en Afrique qu’à l’étranger (Youssou N’Dour, Touré Kunda, etc.).
Souvent féticheurs, les griots sont aussi grands pourvoyeurs d’amulettes, de gris-gris, de poudre d’invisibilité, indispensables à tout Sénégalais qui part pour un long voyage.

Après leur décès, les griots étaient autrefois inhumés avec leurs bijoux et armes à l’intérieur de baobabs. medium_griots-tombeau.2.jpgPeu après le retour à l’indépendance du Sénégal (1960), ils ont voulu être enterrés dans des cimetières comme tout le monde malgré les réticences des vieux sénégalais qui prétendaient comme leurs anciens qu’un griot dans un tel lieu signifie pénurie de pluie.

Ne serait-ce pas dans les années 1970 qu’a commencé une grande sécheresse au Sahel ?

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27.12.2006

Saint Louis du Sénégal

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SAINT LOUIS se trouve au nord du Sénégal, à l’embouchure du fleuve du même nom. Elle fait partie de la zone sahélienne, frange désertique qui sépare les dunes du Sahara de la savane.
Ce fut le premier comptoir permanent français au Sénégal. fondé en 1638 par le normand François Lambert, colon français qui construit une résidence dans l’île de Bocos à proximité de l’embouchure du fleuve. En 1659, ‘l’habitation’ de Bocos est transférée dans l’île de N’DAR et baptisée Saint Louis en hommage au roi de France Louis XIII. Un fort est construit pour protéger l’entrepôt. Rapidement, la cité devient la place forte européenne en Afrique, une base de départ pour les expéditions vers la Soudan et un important comptoir commercial (gomme, ivoire, or et traite négrière).
Restituée en 1817 à la France par les Anglais qui s’en étaient emparés pour la 3° fois le 13 juillet 1809, elle fut alors gouvernée par le Colonel Schmalz, un des rescapés du naufrage de la Méduse (cf le radeau de la Méduse).

SAINT LOUIS est aujourd’hui une ville de 200 000 habitants, à 272 km au nord de DAKAR, qui se compose de trois parties:
- La Langue de Barbarie, étroit cordon littoral à l’ouest qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan Atlantique; c’est la partie la plus peuplée de la cité qui abrite surtout des pêcheurs. (1).
- L’île de Saint Louis (N’dar) qui en est la partie historique et mesure près de 2,5 km de long sur 300 à 400 m de large; elle est reliée au continent par le pont Faidherbe. (2).
- Le nouveau quartier continental de Sor, construit dans une cuvette, qui connaît des inondations pendant la saison des pluies. (3). C’est par là que l’agglomération s’étend. S’y trouvent les gares routières et ferrovières.

SAINT LOUIS fut le siège du gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française jusqu’en 1902, date à laquelle ce dernier fut transféré à DAKAR.
La ville est inscrite depuis l’an 2 000 sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

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07.12.2006

7 décembre 1936: mort de Jean Mermoz

medium_Mermoz_20portrait.jpgLe 7 décembre 1936 au petit matin, Jean MERMOZ aux commandes du Latécoère 300 ‘Croix du Sud’ décolle de DAKAR avec 3 hommes d’équipage à bord à destination de NATAL au Brésil… Quelques heures plus tard, à 10 h 47 exactement, la radio capte un message interrompu:« coupons moteur arrière droit… »… Ce sera le dernier et medium_Jean_Mermoz.2.jpgrien ne sera retrouvé dans l’océan.
Ainsi disparaissait dans l’Atlantique Sud, à deux jours de fêter ses 35 ans, un héros de l’aviation civile et de l’Aéropostale qui comptabilisait 8 200 heures de vol à son actif sur des engins qui n’avaient rien à voir avec les avions d’aujourd’hui.
Sorte d’idole de son époque, MERMOZ, meneur d’hommes au caractère bien trempé, était reconnu pour son courage, sa droiture et son intégrité.

Quelques dates de son activité de pilote:

- 1920 MERMOZ s’engage, à 18 ans, pour 4 années dans l’Armée de l’Air.

- 1921 Breveté pilote, il est affecté en Syrie où il connaît ses premiers contacts avec le désert (atterrissage forcé et 4 jours de marche).

- 1924 Démobilisé avec 600 heures de vol à son actif, il entre au service de la Société
Latécoère. Il est affecté à la ligne aérienne postale Toulouse-Barcelone-Alicante. A cette époque le franchissement des Pyrénées par tous les temps n’était pas une sinécure.

- 1926 Il est affecté au tronçon postal Casablanca-Dakar (ligne ouverte en 1923) avec survol du Sahara, lieu de tous les dangers.

- 1927 Il inaugure le 10 mai la ligne directe sans escale Toulouse- Saint Louis du Sénégal pour l’Aéropostale qui prend la succession des lignes Latécoère.

- 1928 Préparation des vols de nuit entre Rio de Janeiro (Brésil) et Buenos Aires (Argentine). 16 avril, premier vol de nuit.

- 1929 Etablissement d’une ligne par dessus la Cordillère des Andes. Au mois de mars accident dans les Andes. 14 juillet ouverture officielle de la ligne.

- 1930 Le 12 mai, réalise pour la 1° fois en 21 heures la liaison Saint-Louis -Natal (3200 km avec 130 kg de courrier (avec un avion: monomoteur,‘Laté 28’). Il ouvre ainsi une liaison aérienne postale France-Amérique du Sud via la côte africaine. Toulouse et Santiago du Chili (13 400 km) sont ainsi reliés en 108 h et 40 mn dont 20 h d’escales.

- 1933 Liaison Paris-Buenos Aires à bord d’un trimoteur, ‘L’Arc en Ciel’. Il réalise le trajet Saint-Louis du Sénégal-Natal à la vitesse moyenne de 227 km/ h.Mise en service de la liaison régulière France-Amérique du Sud.

- 1936 7 décembre, pour sa 25° traversée en deux ans avec cet hydravion quadri-moteur, il s’envole aux commandes du ‘Croix du Sud’ vers sa destinée..

Les débuts de la Poste Aérienne n’étaient pas qu’une aventure extraordinaire. Ce fut aussi le tombeau de nombreux hommes, pilotes et navigants. Ne l’oublions pas.

JCG

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27.11.2006

Saint-Louis du Sénégal

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Autant DAKAR se fait remarquer par son activité débordante et ses exigences harassantes, autant SAINT LOUIS, l’ancienne capitale du Sénégal et de l’A.O.F., fascine par son calme et sa convivialité. On y circule tranquillement sans être constamment importuné par des petits vendeurs ambulants. On ne peut toutefois ne pas remarquer là aussi les enfants des rues (les talibés) qui accourent dès que vous manifestez le désir de leur donner quelque chose (nourriture ou pièce de monnaie).
Première ville française d’Afrique, SAINT LOUIS connut son apogée au 19° siècle grâce à une intense activité commerciale. Les négociants et les entrepreneurs y avaient acquis une telle puissance économique et politique qu’ils étaient capables d’influencer les décisions de Paris.
En 1848, les Saint-Louisiens avaient acquis, comme les seuls habitants de Dakar, Gorée et Rufisque sur tout le pays, la citoyenneté française. Ils avaient obtenu ainsi le droit de voter et d’être éligibles à l’Assemblée Nationale, le moyen d’échapper aux obligations qui pesaient sur la population dans l’ensemble de la colonie. Les mariages mixtes entre les marchands européens et les femmes métisses, les signares, symboles d’élégance et de raffinement, étaient alors fréquents.

Le coeur historique de la cité au passé colonial se trouve dans l’île intégralement bâtie placée sur l’estuaire du Sénégal à 25 km environ de l’embouchure du fleuve. Rue de France, avenue Jean Mermoz, place Faidherbe, rue du Général De Gaulle, rues Neuville, Blaise Dumont, Pierre Loti… on ne se sent pas à l’étranger ici…. où plus des trois quarts des rues portent des noms de Français qui ont marqué leur époque.
De chaque coté de la Place Faidherbe, où a été érigée une statue du célèbre gouverneur, on trouve des maisons datant du début du 19° siècle avec balcons en fer forgé, colonnades et vérandas.
Pour simplifier, disons que le nord de l’île abritait, avec le centre, le poumon économique et administratif de la ville, tandis que le sud était plus nrésidentiel
En entrant dans l’île venant de Dakar, à droite à la sortie du pont Faidherbe, en face de la poste le mythique Hôtel de la Poste où Jean Mermoz avait sa chambre, la 219.

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11.11.2006

La patrie reconnaissante

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Des stèles semblables se trouvent dans de nombreux lieux en France.
Celle-ci est à l’entrée du cimetière militaire musulman de Saint Louis du Sénégal. Là bas reposent en paix dans le sable face à la mer plusieurs centaines de Tirailleurs Sénégalais qui ont perdu la vie en défendant notre sol et nos valeurs.

medium_Sans_titre2_copie.jpgIl est bon de rappeler ici que les troupes coloniales (tirailleurs, tabors, goumiers, spahis) ont perdu 30 000 hommes sur les champs de bataille du Nord et de l’Est de la France durant la première guerre mondiale et 45 000 au cours de la seconde guerre mondiale, notamment pour la libération de notre pays.

Le cimetière militaire de Saint Louis du Sénégal a été récemment rénové grâce à l’action du SOUVENIR FRANÇAIS, Association fondée en 1887, reconnue d’utilité publique en 1906, qui a pour mission de conserver la mémoire des morts pour la France et de veiller à l’entretien des sépultures et des monuments qu’il a érigés à leur gloire en France et à l’étranger.

12:30 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

03.11.2006

La religion au sénégal

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Le Sénégal est à 90 % de religion musulmane. C’est au XI° siècle que l’Islam est apparu au Nord du pays (région du fleuve) apporté par des guerriers berbères venus du Sahara. L’animisme est un sérieux obstacle à son expansion et, mis à part les Peulhs du nord, les peuplades ne deviendront pas à cette époque des adeptes de Mahomet
Son développement prend un essor considérable et rapide dans la seconde moitié du XIX° siècle comme force d’opposition à la colonisation française et à ses dérives, les populations se tournant vers les marabouts pour avoir leur protection face aux actions des nouveaux venus.
L’Islam sénégalais est caractérisé par sa tolérance et sa pratique est plus ou moins éloignée du dogme prêché par Mahomet. Les Confréries, organisations maraboutiques qui adaptent l’Islam aux modes de vie et lui assimilent certaines valeurs traditionnelles des populations, en sont une particularité. Créées par des religieux cultivés et pragmatiques qui font l’objet d’une grande vénération, elles sont dirigées par des cheiks ou des medium_images.jpggrands marabouts autour desquels se regroupent les musulmans partageant une même façon de pratiquer l’Islam. Elles jouent un rôle important dans tous les domaines, notamment sur les plans économique et politique et servent d’intermédiaire incontournable entre le peuple et le pouvoir politique (aucun parti ne peut ignorer leur influence). On recense quatre grandes confréries: les Mourides et les Tidjanes (les deux plus importantes avec respectivement 30% et 50% des musulmans, auxquelles est notamment du le développement de la culture et du commerce de l’arachide), les Layennes en pays lébou, les Quadrias (10%).
Les membres des Confréries sont tenus à l’observation des cinq piliers de l’Islam (la profession de foi, les prières quotidiennes, la zakat ou l’aumône, le jeûne, le pélerinage) et de récitations identitaires spécifiques à chaque mouvement une ou plusieurs fois par jour. Chaque année, ils se rassemblent dans leur ville sainte (Touba pour les Mourides, Tivaouane pour les Tidjanes, Yoff pour les Layennes, Ndrassane pour les Quadrias ).
Le Catholicisme, introduit par les missionnaires portugais et français mais jamais imposé par le pouvoir colonial, compte comme adeptes environ 8 % de la population du pays (notamment des Sérères). A noter que Léopold Sedar Senghor était catholique de même que la femme de son successeur à la Présidence du Sénégal, Abdou Diouf.
L’animisme est une croyance qui imprègne encore quelques populations des terres reculées, notamment en Casamance.

18:05 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

06.10.2006

LES TIRAILLEURS SENEGALAIS

medium_007.jpgCréés par Faidherbe en 1857 pour pallier l’insuffisance des effectifs envoyés de métropole, les Tirailleurs Sénégalais participèrent à coté de l’Armée Française à la conquête et la constitution de l’Empire colonial du Second Empire. Les besoins s’étant faits pressants à mesure de l’avancée dans le continent, les tirailleurs n’étaient pas tous originaires du Sénégal, beaucoup étant recrutés dans d’autres colonies françaises. Bras armé de la colonisation, ces hommes au pantalon gonflant à la turque et coiffés de la légendaire chéchia rouge ont constitué un incomparable instrument de la conquête et de la domination de l’Afrique et de Madagascar.
medium_005.jpgC’est à l’occasion de la 1° guerre mondiale qu’ils furent amenés à servir en métropole, en première ligne dans les tranchées de la Somme et sur le front de l’Est. L’histoire retient que 163 000 y furent engagés et que 30 000 y laissèrent la vie; des dizaines de milliers furent blessés.
Durant la seconde guerre mondiale, ces unités d’infanterie, qui portaient toujours le nom de Tirailleurs Sénégalais (jusqu’en 1945) furent le fer de lance de l’armée d’Afrique et ont participé au débarquement des alliés en Italie (novembre 1943), en Normandie ainsi qu’en Provence (15 août 1944), à la libération de Paris (25 août 1944), de l'Alsace et de Strasbourg (23 novembre 1944). Beaucoup ont sacrifié leur vie pour libérer la France, (près de 45 000 morts).
Ceux d’entre eux faits prisonniers ont subi dans les camps nazis les pires sévices. Hitler les accusait d’avoir souillé le sol rhénan, à l’occasion de l’occupation de la Rhénanie en 1918 par la France. Pour le fürher, les noirs étaient des ‘sous-hommes’, les colonies allemandes d’Afrique en savaient quelquechose.
Le 1° décembre 1945, alors qu’ils manifestaient durement pour pouvoir toucher les primes que leurs camarades français avaient déjà perçues, des tirailleurs sénégalais démobilisés rassemblés au retour de métropole au camp de Thiaroye, près de Dakar, sont bombardés et mitraillés par l’armée française. La France, coupable d’un massacre qui a fait plusieurs dizaines de morts, traite bizarrement des hommes qui se sont distingués par leur héroïsme et leurs souffrances sur ses champs de bataille.
Les Tirailleurs Sénégalais, incorporés dans les unités d’infanterie de marine, ont également payé un lourd tribut en Indochine puis en Algérie.
medium_006.jpgAutre manquement de notre généreuse France: les retraites et les pensions de ces anciens combattants ne sont depuis 1960 que le tiers de celles allouées à leurs frères d’armes français. Certains touchent 30 euros par.....an, quinze fois moins que leurs collègues de souche française. Le prix du sang serait-il différent selon qu’on est Français d'origine ou pas ?
Après le voyage de Jacques Chirac au Sénégal en février 2005, il devait être mis fin à cette discrimination créée par la loi dite de cristallisation votée à Paris le 26 novembre 1959 alors que les pays d’Afrique allaient accéder à l’indépendance, loi qui gelait ces pensions, les transformant en quelque sorte en indemnités viagères non indexées.
J’ai comme l’impression que l’on se souvient davantage en France de la publicité de Banania que des services rendus à notre pays par les troupes coloniales qui ont regroupé 500 000 africains (tirailleurs, tabors marocains, goumiers nord africains) sous notre drapeau tricolore au cours des deux guerres mondiales du XX° siècle. Pourquoi les occulter ainsi de la mémoire collective ?

15:45 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

18.09.2006

De la francophonie

Lorsqu’ on voyage, on apprend beaucoup de choses et quand on s’intéresse à la vie quotidienne des gens on découvre toute une amusante et surprenante imagerie dans le verbe. Ainsi à l’île de la Réunion, ce département français qui ne compte pas moins de 780 000 habitants, ‘bonbon la fesse’ désigne un suppositoire, ‘grouiller sa calebasse’ signifie s’activer, se dépêcher, et quand on parle d’‘argent braguette’ on évoque les allocations familiales.
Au Québec, des expressions sont courantes: ‘Pèse sur la tête pour voir si la queue y bouge’ veut dire plaider le faux pour connaître le vrai et ‘Poule qui cacaille, la même qui l’a pondu’ signifie que celui qui répand la rumeur en est souvent à l’origine.
Un créole de Saint Denis et un canadien de Québec pourraient sans doute se comprendre s’ils parlent ensemble d’une ‘marmaille mal commode’, un enfant turbulent… Mais s’ils évoquent leurs ‘gosses’, l’incompréhension sera totale: le réunionnais parlera de ses enfants tandis que le québecois restera bouche bée car ce mot désigne chez lui les testicules et pourrait ‘partir juste sur une gosse’ (partir à toute vitesse, si vite qu’il laisse derrière lui la seconde).

Le Sénégal n’est pas en reste, jugez en:
Une ‘disquette’, c’est une minette, une jeune fille qui aime attirer les regards;
‘Gérer’, c’est draguer (Babacar a géré la voisine);
Un ‘élève couloir’ est un enfant admis dans un établissement scolaire suite à l’intervention d’une personnalité.
‘Radio baobab’ signifie une rumeur publique….. Tiens, tiens…comme ‘le téléphone arabe’.
‘Le mois est creux’ fait référence à la période où on n’a plus d’argent, quand on a épuisé la
paie du mois passé et qu’on attend celle du mois en cours.

Vous allez peut-être me dire que tout cela c’est des ‘histoires queue de chat’ (histoires à dormir debout). Mais non, les quiproquos peuvent engendrer des situations difficiles à gérer. Songez donc à la surprise du canadien francophone à qui vous dites que vous avez joué ce matin avec vos gosses ou avec ceux du voisin et la vôtre s’il vous précise que sa femme a mis des ‘préservatifs’ (conservateurs) dans les confitures qu’elle vient de faire ce dernier week-end. Trop drôle, n’est ce pas, de voir une demoiselle devenir folle devant une ‘bibitte’ de rien du tout (bibitte = insecte).

C’est pourquoi je vous propose d’essayer de trouver ce que signifie le ‘deuxième bureau’ au Sénégal.

13:35 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note

17.09.2006

Le radeau de la méduse

medium_Sans_titre_-_2.jpgLe traité de Paris du 13 mai 1814 restitue à la France les possessions du Sénégal prises par les Anglais qui avaient attaqué Gorée en 1793 et Saint Louis en 1803.
Le 17 juin 1814, la frégate française LA MEDUSE, bâtiment de trois mâts et 44 canons, quitte Rochefort à destination du Sénégal accompagnée de trois autres navires, l’Argus, l’Echo et La Loire. A son bord, 400 marins et soldats ainsi que le nouveau gouverneur, le Colonel Schmalz, chargé de reprendre possession des comptoirs français.
Le 2 juillet, le bateau s’échoue sur le ban d’Arguin, à 160 km au large des côtes de la Mauritanie, à la suite des erreurs de son capitaine inexpérimenté, Hugues Duroy de Chaumareys.
Les six embarcations de sauvetage (dont une portait le nom de Sénégal) ne suffisant pas, 147 personnes prennent place sur un radeau de fortune, de 20 m de long sur 7m de large, construit à la hâte avec les matériaux récupérés à bord de LA MEDUSE. Le radeau surchargé est remorqué par les autres canots dont l’état est loin d’être satisfaisant, mais la ligne de remorque est rapidement coupée pour éviter le chavirage des uns et des autres.
Le radeau est donc à la dérive abandonné aux éléments, sous un soleil de plomb. Devenu ingouvernable, il est livré aux courants marins. Le peu de vivres et d’eau pris à bord est vite épuisé. La faim et la soif sont la cause de bagarres entre les hommes, les plus forts éliminant les plus faibles. Des scènes cauchemardesques se déroulent, des suicides interviennent tandis que d’autres passagers perdent la raison. Certains mastiquent du cuir ou des linges, d’autres dévorent des lambeaux de chair arrachés avant de les jeter à la mer aux cadavres qui se multiplient sur l’embarcation.
Après 13 jours de dérive le radeau est repéré par l’Argus qui recueille 15 rescapés moribonds.
Les survivants débarqués à Saint Louis sont, après quelques soins, acheminés sur l’île de Gorée d’où la marine britannique les rapatrie sur la France.

Théodore Géricault après avoir recueilli les témoignages de rescapés réalise en 1819 le RADEAU DE LA MEDUSE, célèbre tableau au réalisme absolu conservé au Musée du Louvre à Paris

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13:25 Publié dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

28.08.2006

La famille au Sénégal

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La famille, milieu socioculturel fait d’attitudes et de croyances, est le noyau de la société sénégalaise. C’est la cellule de base, irriguée par une force morale fondamentale, qui permet à la population de survivre dans ce pays où la pauvreté est une réalité. Il ne faut pas seulement en retenir qu’il y a beaucoup d’enfants dans un foyer du fait de l’indice de fécondité élevé de la femme ou que l’homme mange à part à la maison (avec ou sans invité) tandis que l’épouse partage de son côté ses repas avec les enfants. La famille est soudée et les descendants subviennent aux besoins des ascendants trop âgés pour pouvoir travailler. Y existe une harmonieuse cohabitation intergénérationnelle.
L’homme est le chef de famille mais la femme, qui a de plus en plus accès à l’instruction et au travail hors du foyer, contribue davantage à son épanouissement.

Le besoin de ‘bien paraître’, profondément ancré dans la mentalité, engendre une solidarité familiale et une éducation de base que nombre de gens en France semblent avoir oubliées.
Chaque sénégalais qui a des ressources doit faire vivre sa femme, ses enfants, ses parents, ses frères et sœurs, ses cousins, etc.. C’est un devoir et c’est ce qui explique que la famille peut regrouper jusqu’à une vingtaine de personnes, voire quelquefois plus, sous un même toit.

Le travail, denrée rare en milieu urbain, est systématiquement offert en priorité à la famille ou à un parent plus ou moins proche du recruteur. La compétence ou la capacité n’étant pas des critères de choix, il s’ensuit souvent des désordres et des contresens économiques… Plus grave encore, le jeune qui s’est astreint à une formation, aussi brillant soit il, a bien du mal à entrer dans le vie active s’il n’a pas un parent qui ait atteint un niveau de responsabilité. On comprend mieux pourquoi, de guerre lasse, il cherche à émigrer.
La faillite retentissante de la compagnie aérienne AIR AFRIQUE a été grandement la conséquence de ce système de recrutement familial et du fait que la moitié des passagers voyageait sans payer avec des billets gratuits réservés au personnel et à leur famille.

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15.08.2006

Les marabouts

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Dans la religion musulmane, les marabouts sont des hommes qui se consacrent à la pratique et à l’enseignement d’une vie religieuse.

Au Sénégal, les grands marabouts des confréries mouride et tidjane jouent un rôle très important tant dans le domaine économique que politique.

Avant la colonisation, au temps de la monarchie wolof, le marabout avait non seulement une fonction religieuse de guide spirituel mais aussi une fonction temporelle (chef de communauté villageoise ou régionale). Quand il collaborait avec les autorités politiques du pays, il recevait de l’argent, des terres, du bétail, voire même des esclaves.

La conquête coloniale française au 19° siècle entraîne la fin de la monarchie et favorise une expansion rapide de l’Islam. Le marabout acquiert alors un pouvoir politique, notamment après que la confrérie mouride, initialement hostile, eut rejoint en 1912 les Tidjanes dans leur collaboration avec l’administration française. Le travail dans les champs des marabouts a permis le développement de la culture de l’arachide. La France s’est rapidement rendu compte de l’influence réelle de ces leaders et n’a pas hésité à utiliser leurs pouvoirs pour un profit économique, matériel et militaire.

Après l’indépendance (1960), l’Etat sénégalais, qui n’avait pas de relation avec les villageois, s’est appuyé sur les marabouts pour les élections. De ce fait, ces derniers voient s’amplifier leur pouvoir politique et deviennent un lien entre le peuple et le gouvernement qui, pour conserver son propre pouvoir, maintient leurs rôle et prérogatives et évite de s’attaquer à leurs dérives (manipulation et exploitation de la population rurale et urbaine).

Aujourd’hui, les grands marabouts, dirigeants de confréries, possèdent des milliers et des milliers d’hectares de terre en milieu rural, de très nombreux immeubles en milieu urbain. Ils possèdent également une grande quantité de véhicules de transport en commun (les taxis brousse) et d’entreprises. Ce sont de véritables capitalistes qui gagnent un argent considérable. Ils procurent certes du travail à leurs disciples (talibés) qui oeuvrent dans leurs champs ou entreprises mais en réalité les rémunèrent mal et les exploitent plus qu’ils ne les aident ou qu’ils contribuent à leur évolution économique et sociale. Et pourtant la population, consciente des réseaux qu’ils ont mis en place dans la société et de leur importance dans la vie économique, a confiance en ses marabouts et les suit aveuglément dans leur orientation politique.

Les petits marabouts locaux sont beaucoup moins aisés sur le plan matériel et certains se sont mis à exploiter la population au travers des écoles coraniques, les daaras, censées donner une bonne éducation morale et religieuse. La dévaluation du franc CFA en 1994 a eu un effet pervers catastrophique en milieu rural et de très nombreux villageois ont migré vers les villes, notamment Dakar. La plupart d’entre eux n’y ont pas trouvé de travail et n’ont pas de quoi subvenir aux besoins de leur famille. Ils confient alors leurs enfants à des petits marabouts qui les envoient mendier dans la rue à leur profit. (Cf les 4 notes sur les enfants talibés dans la rubrique Sénégal).

Il est nécessaire de témoigner ici qu’il existe quand même des marabouts qui exercent leur rôle normal dans l’enseignement du Coran sans porter atteinte aux droits de l’homme.

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Le Sénégal en images

Je tiens à saluer le travail réalisé par JCG au Sénégal.
Les images de qualité, les sujet variés allant du ludique au pertinent...Connaissant les difficultés que peut rencontrer un journaliste au Sénégal, je tiens à tirer mon chapeau à JCG

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11.08.2006

La femme sénégalaise

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Contrairement à ce que beaucoup pensent, la femme sénégalaise d’aujourd’hui en milieu urbain n’est pas confinée à la maison avec pour seules missions les tâches ménagères et la reproduction. Son statut a beaucoup évolué, même s’il reste encore à faire selon nos critères occidentaux. Le mariage précoce ou forcé est formellement interdit par le Code de la famille, tandis que le Code Pénal réprime plus sévèrement qu’auparavant les violences faites aux femmes, y compris les violences conjugales et le harcèlement sexuel.

La femme sénégalaise ne se contente pas de gérer et d’organiser son habitat, mais jouit d’une indépendance et d’une autonomie certaines. En témoignent le boubou multicolore dont elle aime se parer, sa participation à la vie de la cité ou du village, ses prises de paroles en public.
Généralement extravertie, elle est très active sur tous les plans et, même si l’homme reste le chef de famille, elle est de tous les combats pour la marche vers la modernité, l’évolution de la condition féminine (rejet de la polygamie, accès à l’éducation, etc.), et pour s’imposer comme citoyenne à part entière. Elle n’est pas soumise comme certains le croient et ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Elle joue un rôle important dans le domaine économique, notamment sur le plan agricole et commercial (monopole du commerce des fruits et légumes, par exemple; séchage et fumage du poisson). C’est ainsi qu’elle peut acquérir une autonomie financière. Elle est présente dans les administrations publiques et les collectivités locales.
Certes dans la brousse, où les activités sont réduites et les emplois salariés pratiquement inexistants, il est bien nécessaire que son statut s’améliore encore, mais il ne faut pas croire que la femme y soit réduite à moins que rien.

Malgré l’action d’associations et une législation sévère à son encontre, l’excision est encore pratiquée dans les campagnes, notamment chez les Peulhs et les Toucouleurs du Fouta et du Sénégal oriental. En milieu urbanisé, ce rituel d’un autre âge (par des femmes âgées sur les plus jeunes) a presque totalement disparu.

On ne saurait parler de la femme sénégalaise sans évoquer la tontine, un système de répartition des ressources à l’échelon du quartier ou du village. Cette institution est exclusivement gérée et utilisée par les femmes. Chaque semaine la mère de famille donne une somme fixée (500 ou 1 000 FCFA, soit 0,76 ou 1,52 €) et mensuellement une ou plusieurs familles se voient attribuer à tour de rôle une somme importante. Une famille momentanément dans le besoin peut aussi bénéficier d’une avance avant que son tour n’arrive.

La femme sénégalaise s’avère aujourd’hui l’élément moteur de la société et la base de l’organisation économique et sociale de demain dans le pays.

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31.07.2006

Monogamie et Polygamie au SENEGAL.

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L’article 133 du Code sénégalais de la Famille stipule que le mariage peut être conclu
- soit sous le régime de la polygamie (quatre épouses maximum),
- soit sous le régime de la limitation de la polygamie (deux ou trois épouses),
- soit sous le régime de la monogamie.

Dans le cas d’un choix de la monogamie, la bigamie est un délit qui entraîne la nullité du second mariage et l’époux encourt un emprisonnement de 6 mois à 3 ans et une amende de 20 000 à 300 000 F CFA (30 ou 457 euros).

Beaucoup de jeunes hommes sénégalais affirment aujourd’hui qu’ils n’auront qu’une seule femme mais souhaitent à priori contracter un mariage polygame.
Comment expliquer une telle contradiction ?
D’après eux, s’ils signaient pour la monogamie leur femme ne les laisserait pas tranquille alors que s’ils choisissaient la polygamie l’épouse devra faire davantage attention à ne pas contrarier son mari pour que celui-ci ne soit pas tenté d’en prendre une autre.

Une femme ne peut être forcée à devenir une deuxième épouse. Par ailleurs, si elle n’accepte pas une situation de polygamie la première femme a le droit de demander le divorce.

Les sociologues estiment que seuls 12% des ménages sont actuellement polygames et que cette pratique tend à disparaître. Il est vrai qu’il faut avoir des revenus pour pouvoir entretenir plusieurs femmes et nourrir les enfants.